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Une junte de style latino-américain en Thaïlande

dimanche 26 décembre 2010, par Rédaction


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Dans une interview surréaliste accordée à Asia Times en ligne, Abhisit Vejjajiva a récemment insisté sur le fait que l’armée thaïlandaise est sous contrôle civil. Même pour un premier ministre dont le détachement par rapport à la réalité est légendaire, cette déclaration est extraordinairement imaginative. Considérant qu’il doit son emploi actuel aux généraux, le premier ministre devrait connaître mieux la question. En effet, l’absence de contrôle civil sur les militaires est mis en évidence non seulement par le maintien du CRES, mais aussi par les quotidiennes semonces du général Prayuth Chan-ocha. Contrairement à son prédécesseur, le général Prayuth a du mal à résister à la tentation de rappeler constamment à tout le monde qu’il mène le bal.

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Prayuth Chan-ocha
Le général très imbu de lui-même a du mal a dissimuler les ficelles de sa marionnette Abhisit
  

La réalité est que l’armée thaïlandaise a rarement été sous contrôle civil. Ce qui est pire, c’est que les généraux ont plus de pouvoir aujourd’hui qu’ils ne l’ont eu pendant des décennies. Après avoir fait plus de coups d’État que n’importe quelle armée moderne, les points de vue de l’armée thaïlandaise sont encore pris en compte dans tous les calculs politiques. Et alors que son budget a plus que doublé depuis le coup d’État de 2006, les événements d’avril et mai ont montré que sa compétence et son attachement aux valeurs démocratiques sont au ban de l’analyse. Si la Thaïlande souhaite toujours devenir une démocratie, cela doit changer. Dans une démocratie réelle, la plupart des citoyens n’ont aucune idée de qui est le chef de l’armée dans leur pays - et ils sont encore moins confrontés à la possibilité d’un coup d’État et aux quotidiennes menaces du chef de l’armée.
Nous ne sommes certainement pas les premiers à souligner que l’armée thaïlandaise ne fonctionne pas comme instrument de défense extérieure, mais plutôt comme une garde privée qui protège l’établissement de Thaïlande (qui comprend en premier lieu les généraux) face aux aspirations démocratiques du peuple. Cette position confère à l’armée le rôle de veto ultime dans le réseau du pouvoir politique en Thaïlande.
Bien que le Centre ait pris l’habitude de se dépeindre lui-même ainsi que sa domination du système politique comme un produit de la Thainess , son fonctionnement est loin d’être uniquement thaïlandais. En fait, les forces armées thaïlandaises sont génétiquement liés au leadership militaire brutal de pays comme le Brésil, le Chili et l’Argentine durant les années 1970 et au début des années 1980. Dans son livre La militarisation, la démocratie et le développement , Kirk Bowman décrit les dictatures militaires latino- américaines en ces termes :

  • premièrement, il y a une longue et durable tradition des forces sécurité en Amérique latine présentant une valeur quasi spirituelle appelant à protéger les citoyens de la Patria [1] à partir des valeurs progressistes pour renforcer les valeurs traditionnelles conservatrices [...] Les militaires latino- américains ont une longue tradition de mise au point interne et de pouvoir autoproclamé souvent consacrée par la Constitution pour passer outre les gouvernements civils, les droits de l’homme, les droits politiques dans le cas ou la « Patria » est perçu comme menacé.
  • deuxièmement, l’Amérique latine a été fortement affectée par les actions et les politiques des États-Unis [...], [qui] ont vraiment mis la pression pour que les armées latino-américaine combattent leurs ennemis internes.
  • troisièmement, des pays [...] avec des environnements de menaces internes difficiles et des menaces extérieures limitées verront s’affaiblir les institutions civiles ainsi que la capacité de l’État, et une armée tournée vers l’intérieur aura une propension à s’emparer du pouvoir politique.
    Autrement dit, l’analyse de Bowman devrait paraître familière aux observateurs de la vie politique thaïlandaise. Tout comme les "« caudillos » des armées d’Amérique latine, l’armée thaïlandaise n’a jamais eu peur de violer les droits de l’homme, de commettre des massacres, de faire des coups d’État militaires quand la démocratie menace l’établissement et les intérêts conservateurs qu’elle incarne. Grâce au soutien américain et aux menaces extérieures limitées, au cours des dernières décennies, l’armée thaïlandaise s’est elle-même totalement engagée à maximiser ses propres moyens et son budget au détriment de la primauté du droit, des institutions civiles, de la capacité de l’État, et des libertés du peuple thaïlandais.
    La différence est que tandis que des pays comme l’Argentine, le Brésil et le Chili (sans parler de la Corée du Sud et de Taiwan) ont été sous contrôle civil pendant deux décennies ou plus (le Brésil a récemment élu un ancien guérillero qui a été torturé par l’armée lors de la dictature militaire des années 1970), tandis qu’en Thaïlande, l’armée demeure aussi forte, brutale et continue à se mêler de tout comme avant. En effet, il est de plus en plus difficile d’imaginer l’avenir de la Thaïlande comme une nation démocratique et développée tant qu’une organisation si puissante, si corrompue, et si désireuse de retourner ses armes contre son propre peuple continuera d’exister.
    En fin de compte, la dissolution totale des forces armées - suivant l’exemple donné par des pays comme le Costa Rica et, plus récemment, le Panama - peut s’avérer plus facile que de tenter de réformer une institution qui s’obstine à empêcher la Thaïlande de devenir un pays normal.

Robert Amsterdam Traduit de robertamsterdam.com

Notes

[1] La « patrie »

4 Messages de forum

  • Une junte de style latino-américain en Thaïlande 26 décembre 2010 10:53, par Jeanne d’arc

    L’article ci dessus n’est pas pro démocratie, il est pro Thaksin, il fraudais juste précisé que l’article est écrit par un des avocats lobbystes de Thaksin, ce que décridibilse complétement la partialité de l’article...
    Ce n’est pas avec ce genre de méthode que la Thaïlande prendra le chemin de la démocratie...
    Il y des manières plus élegantes et subtils de faire avancer la démocratie en Thailande, et puis être pro Thaksin et se targuer d’être un grand démocrate... Pour le coup, la méthode utilisé pour dénoncer le gouvernement en place n’est pas la bonne, cela en est carrément risible...
    La démocratie se situe certainement loin des rouges et jaunes, loin de l’argent de la corruption, loin des cabinets d’avocats lobbystes...
    L’article ci dessus n’est pas pro démocratie, il est pro Thaksin et anti Abhisit, c’est complétement différent...
    Stop à la manipulation et à la désinformation...

    Répondre à ce message

    • Bonjour,
      Cet article est écrit par un avocat international proche de Thaksin mais ne parle aucunement de Thaksin. Je suis et reste fermement convaincu que l’intérêt d’un texte ne réside pas dans les qualités ou les intentions supposées de son auteur. J’ai lu avec beaucoup de plaisir des ouvrage de Céline, de Fucik et de Che Guevara auteurs dont je suis loin de partager les idées.
      Le discours contenu dans cet article décrit le rôle de l’armée en Thaïlande d’une façon claire et réaliste. Sa conclusion dissoudre l’armée me semblerait encore plus pertinente si il lui adjoignait la police...
      Abhisit est une marionnette dont le Conseil du roi tire les ficelles. Thaksin m’importe peu, et jamais un homme n’a fait avancer la démocratie (cette politique de la bourgeoisie pour exploiter les hommes). Votre interprétation de ce texte au second degré, en préjugeant des intentions et de son auteur (qui indiffèrent l’utilitariste que je suis) et surtout en préjugeant des intentions de l’éditeur de thailand-world.info montre à quel point le dogmatisme aveugle. Que m’importent les intentions de Thaksin. Son gouvernement a donné aux Thaïlandais un accès (insuffisant certes) aux soins médicaux, à une retraite (très minime mais qu’Abhisit n’a pas augmentée). C’est le résultat positif de son action qui compte dans ce cas. Comme celui de l’extension de la gratuité des transports décidé par Abhisit est positif. Comme l’est également la très restrictive levée de l’État d’urgence.
      Le fascistes thaïlandais, en lui attribuant l’exclusivité des mouvements de protestation, ont fait de Thaksin un idole pour les masses bien plus que son action à dire vrai. Abhisit restera pour moi celui qui a commandité des crimes politiques en faisant assassiner des Chemises rouges et en bloquant à ce jour 227.000 sites Web.
      Si seulement la Thaïlande pouvait trouver une autre solution que la démocratie façon Bush ou Sarkozy... et les « démocrates » l’intelligence de débattre des idées et non des intentions qu’ils prêtent à leurs interlocuteurs... mais je rêve...

      Voir en ligne : Il est indifférent que l’agent soit généreux, intéressé, ou sadique, ce sont les conséquences de l’acte qui sont morales.

      Répondre à ce message

    • Une junte de style latino-américain en Thaïlande 27 décembre 2010 04:53, par Leopold

      Jeanne d’arc = pro-jaune pro-Abhisit et PAD

      Répondre à ce message

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