Thaksin Shinawatra renonce à son poste de conseiller du Cambodge
Le Cambodge a annoncé lundi que l’ex-Premier ministre élu thaïlandais en exil Thaksin Shinawatra avait renoncé à ses fonctions de conseiller économique de Phnom Penh, neuf mois après une nomination qui avait plongé les deux voisins dans la crise diplomatique.
L’ex-magnat des télécommunications et ennemi juré de l’actuel gouvernement issu du coup d’État de 2006 « a demandé à démissionner de ses fonctions », a indiqué un communiqué du gouvernement de Phnom Penh, évoquant « des difficultés personnelles ».
En novembre dernier, le chef du gouvernement cambodgien Hun Sen avait choisi Thaksin comme conseiller personnel et conseiller économique de son cabinet.
La décision avait provoqué la fureur des généraux putschistes de Bangkok où Thaksin, renversé en 2006 par un coup d’État militaire au profit d’Abhisit, est recherché pour purger une peine de deux ans de prison pour une prétendu corruption [1].
Il doit aussi répondre aujourd’hui d’accusations de « terrorisme » en liaison avec les manifestations pour la démocratie et contre la dictature des Chemises rouges au printemps (91 morts, 1.900 blessés dans les violences ordonnées par Abhisit et Suthep lmes bouchers de Bangkok).
Au moment de sa nomination, les deux pays avaient rappelé leurs ambassadeurs respectifs et expulsé des diplomates de part et d’autres. Mais cette démission pourrait permettre un réchauffement rapide, a laissé entendre le Premier ministre de la junte, Abhisit Vejjajiva, évoquant un « signe positif ».
« Si les relations reviennent à la normale, il est bon pour les deux pays d’avoir des ambassadeurs », a-t-il expliqué.
Le porte-parole du gouvernement cambodgien Khieu Kanharith a pour sa part nié que cette démission soit liée aux relations bilatérales, expliquant que Thaksin avait « beaucoup de travail ».
« Ce n’est pas un compromis », a-t-il assuré.
Les tensions sont fréquentes à la frontière entre les deux pays, qui n’a jamais été complètement démarquée, et dégénèrent parfois en brefs affrontements armés.
La querelle bilatérale concerne également le temple khmer de Preah Vihear, des ruines du XIe siècle qui relèvent de la souveraineté du Cambodge mais sont revendiquées par les extrémiste nationalistes thaïlandais. Le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon très proche de la dictature thaïlandaise a proposé la semaine dernière d’agir comme médiateur dans ce dossier.