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Publié par Marie-Alexia et Florian sur Blogspot

Sous les déchets, la plage !

vendredi 24 décembre 2010, par Rédaction


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Un témoignage accablant sur la pollution "« ménagère » en Thaïlande. sont en Thaïlande pour « Un séjour de deux ans dans le sud de la Thaïlande avec pour mission d’enseigner l’anglais dans une école privée. » [1]

  


Trop, c’est trop !

Vous l’aurez compris, notre cheval de bataille ici c’est la pollution.
Ce qui nous ne semblait au départ qu’un geste anodin, presque un réflexe pour nous, ramasser quelques déchets oubliés ici et là sur la plage ou bien malencontreusement tombés de la poche lors d’une ballade en forêt s’est avéré être un devoir de taille. En effet, dans un pays où la multiplication des produits sous emballage(s) plastique(s) est une nouveauté, les habitudes péri-consommatrices alimentaires (je n’ai trouvé que ce néologisme affreux pour définir ce qui se passe autour de la consommation : apparition du besoin, achat, consommation proprement dite et donc plus tard la concentration, l’accumulation et la destruction des déchets...) s’en trouvent incohérentes et néfastes. Nous ne parlerons ici que de la pollution et pas encore de l’obésité galopante, si je puis dire...

Prenons pour exemple la consommation d’une simple bouteille d’eau ou de soda.

Dans un pays où la température moyenne est de 35°C, l’hydratation de son corps est une nécessité de toute les heures mais pas tellement un problème puisque n’importe quelle maison qui tient un commerce (presque tout le monde) peut vous vendre un soda en cannette pour 15 bahts (30 cents) ou un litre d’eau en bouteille pour 10 bahts (20 cents). Mais que faire de la cannette et de la bouteille ? Et que faire du sac en PVC dans lequel on vous l’a remis, du bouchon, de la paille, de l’opercule, de l’emballage du bouchon (si, si) et parfois même du verre en carton et de son couvercle une fois la dégustation terminée ? Tous ces produits se retrouvent en quantité astronomique dans les divers endroits fréquentés par ces consommateurs sans scrupule et sans cervelle que nous avons pu les voir jeter à de multiple reprises avec insouciance ou mépris.

Il y a bien sûr des containers à ordures ramassés régulièrement par les services des mairies mais en trop petit nombre malheureusement et ces employés ne semblent pas être conviés à aller plus loin que le trottoir : le nettoyage des plages est une urgence, celui des chutes d’eau, véritables coin de paradis souillés, une nécessité.

Les plages de Thaïlande sont parmi les plus belles du monde, croyez-moi.

La semaine dernière, nous prenions notre petit déjeuner sur la terrasse de notre modeste hôtel de Koh Lanta et nous demandions si la plage non loin de là était belle : « Oui, bien sûr, c’est la bonne saison pour y aller : les déchets sont du côté Indien. En basse saison, la mer les ramène ici, puis ils repartent, et ainsi de suite », nous confie le gérant. Personne ne les ramasse, demandais-je !? « Non, non » (c’est la basse saison, il n’y a plus personne pour s’en plaindre). No comment.

Cette semaine nous étions sur Koh Lipé, une île exploitée touristiquement depuis seulement une quinzaine d’années. Avant, elle était seulement une terre d’accueil pour pêcheurs éloignés. Elle mesure 1,5 km de long, elle est accessible par speed boat en 1 heure et demie. Côté hôtels et boutiques pour touristes, la plage n’est pas plus sale que la côte sauvage en Charente Maritime, il y a même un service de ramassage des ordures par bateau au petit matin. Côté barques des pécheurs, c’est une autre histoire. Jugez par vous-même de la netteté de Sunrise Beach (la plage du soleil levant).

Ici, peu de touristes et pourtant quelques récifs coralliens et une myriade de poissons colorés. Affligé, je prends un pécheur à témoin. Oui, c’est la mer qui les ramène, me dit-il, et c’est pas faute de les jeter loin, ai-je compris par ses gestes. NO COMMENT.

Ce matin-même, nous étions dans notre havre : une chute d’eau retirée à la campagne (on vous en avait déjà présenté quelques clichés, vous vous rappelez ?). Butin de la matinée : nous avons réuni au moins 11 sacs d’ordures éparpillées de façon éhontée (environ 10 kg) sous le regard un peu gêné et le sourire jaune des locaux auxquels nous ne manquons jamais de nous présenter nous, et notre travail. « Merci, merci. » Ce qui porte le total de sacs au-delà de la quinzaine pour ce lieu désormais totalement propre.

Vous l’aurez sans doute compris, ce ne sont pas les touristes qui jettent çà et là le trop plein de leur consommation, mais bien les populations locales prises, elles aussi, par l’euphorie provoquée par la consommation facile et ses satisfactions instantanées, et peu enclines, il faut le dire, aux changements d’habitude quand ceux-ci demandent un petit effort. Mais est-ce bien à nous, étrangers, de prendre les devants d’un problème que nous connaissons bien (et pour cause : on l’a inventé) mais qui ne semble pas perturber le moins du monde les gens d’ici ? Je ne me vois tout de même pas passer à côté d’un bibon d’huile rouillé ou d’une barquette en polystyrène et feindre que ce problème ne me concerne pas.

Un autre problème majeur, mis à par celui de l’éducation, est bien sûr celui du recyclage. Ici, pas encore de tri sélectif. La plupart de ces nouveaux déchets voit son existence finir en voie sans issue. Cela peut paraitre étrange, dans un pays bouddhiste, de ne pas avoir son existence comprise dans un cycle. Il ne peut pourtant en être autrement, rappelez-vous cette phrase de Newton : dans la nature rien de se crée, rien ne se perd, tout se transforme. Mais à force d’être transformée, elle n’a plus rien de naturel...

Mais on ne peut pas dire que la génération précédente nous ait fait tellement de cadeaux, mis à part la réduction, voire l’abolition, de la peine de mort dans beaucoup de pays. Il nous faudra résoudre de façon imminente bon nombre de problèmes encore inexistants il y a 40 ans. Courage, on ne va pas être pessimiste maintenant qu’on sait qu’il y a des limites.

Accomplir ce genre de tache c’est un peu comme partir en croisade car nous comprenons qu’il est urgent d’agir au-devant des actions politiques, et ce n’est pas en signant virtuellement une charte verte ou une pétition contre la déforestation qu’on peut avoir bonne conscience (n’en déplaise à beaucoup qui m’envoie ce genre de cliché, et encore heureux que cela ne me parvienne pas sur papier). Il faut bien sûr alerter l’opinion mais il faut faire le pas d’agir, même un peu comme nous.

Je m’excuse pour le ton un peu brutal du message d’aujourd’hui, mais rappelez-vous qu’on se définit par ses actes et pas par ses pensées.

Publié par -Marie-Alexia et Florian -

Voir en ligne : Lire en totalité sur le blog...

Notes

[1] Voir aussi notre article : Tourisme, écologie et environnement

1 Message

  • Sous les déchets, la plage ! 19 juin 2011 07:20, par Florian

    Petite précision supplémentaire : pour parvenir à Kho Lipé, le bateau fait un crochet par une île incluse dans le Parc National de Ko Tarutao. Sans même avoir demandé quoique ce soit ou même y avoir posé le pied 200 baths vous seront demandés. Si vous vous opposez à ce racket, comme je l’ai fait tout en précisant que je n’ai pas demandé a passer par le parc national et qu’en plus Kho Lipé ne se situe pas sur le Parc National, on vous proposera d’être raccompagné en bateau par la police sur le continent après qu’elle vous ait prise en photo.
    Quand bien même vous arriveriez détendu, même délesté d’un peu plus de votre argent, le bateau, même s’il le peut y parvenir, ne s’arrêtera qu’à 100m des plages. Vous devez donc encore mettre la main au porte-feuille pour être accompagné par un des conducteurs ivres se moquant manifestement de vous tout en jetant leurs canettes de bière à la mer.

    Cette histoire est scrupuleusement authentique mais le scénario pas systématique d’après ce que j’ai pu lire.

    Merci de relayer ce genre d’info utiles.

    Florian (du blog http://trip-in-trang.blogspot.com/)

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