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Rapatriement forcé en Birmanie

mercredi 25 août 2010, par Rédaction (Date de rédaction antérieure : 25 août 2010).


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Rapatriement forcé en Birmanie de travailleurs clandestins

Les ONG et l’Église catholique s’inquiètent du rapatriement forcé en Birmanie des travailleurs clandestins kachin [1], rapporte « Églises d’Asie » (EDA), l’agence des Missions étrangères de Paris.

Dans une lettre ouverte au Premier ministre thaïlandais rendue publique le 19 juillet dernier, plus d’une douzaine d’ONG locales et internationales ont demandé à la Thaïlande de stopper d’urgence les rapatriements forcés en Birmanie des travailleurs migrants kachin et d’enquêter sur les persécutions dont ils sont victimes, une fois une fois de retour dans leur pays.

Un grand nombre d’entre eux a déjà été renvoyé dans l’État Kachin, frontalier avec la Thaïlande, d’où sont originaires la quasi totalité des populations kachin (kayin). Dès leur arrivée, ils y ont été dépouillés par le groupe militaire Democratic Karen Buddhist Army (DKBA), une milice karen ralliée à la cause de la junte, et bon nombre d’entre eux ont été remis entre les mains de trafiquants, dénonce, entre autres violations des droits de l’homme, le rapport des organisations humanitaires.

La déclaration de ces ONG, qui travaillent depuis longtemps avec les populations concernées, parmi lesquelles figurent Human Rights Watch, Thai Labour Solidarity ou encore State Entreprise Workers Relations Confederation of Thailand, rapporte également qu’une fois de retour en Birmanie, les femmes kachin se retrouvent piégées dans des réseaux de prostitution tandis que les hommes sont contraints de devenir porteurs dans l’armée birmane ou de travailler pour des trafiquants.

Dans un contexte tendu en raison des élections générales prévues à l’automne prochain, la répression de la junte envers les minorités et les opposants au régime ne cessent de croître. Selon l’ONU, au cours de l’année 2009, les persécutions militaires exercées dans l’Est du pays (régions shan, kachin et karen) ont provoqué le déplacement de plus de 100 000 personnes. L’État Kachin, où perdure une guerre civile larvée depuis les années 1990, a été particulièrement touché, la répression s’exerçant par le biais des différentes factions armées qui contrôlent la région.

Les rapatriements par le gouvernement des généraux putschistes de Bangkok de migrants ou de réfugiés ayant fui le régime de la Birmanie se sont accélérés au cours de l’année 2010. Auparavant considérée comme une terre d’accueil privilégiée par de nombreux migrants d’Asie du Sud-Est, la dictature thaïlandaise d’Abhisit a durci progressivement sa politique d’immigration. Par vagues successives, le gouvernement a reconduit à la frontière, ces dernières années, de nombreux clandestins et réfugiés, dans les pays limitrophes d’où ils étaient issus.

Le pouvoir de Bangkok a notamment dû affronter la condamnation unanime de la communauté internationale il y a un an, lorsqu’elle a expulsé de force des milliers de réfugiés Hmong vers le Laos, où les attendaient les persécutions et, pour certains d’entre eux, la mort. L’opération, baptisée « grand nettoyage », avait été menée en deux jours par l’armée, qui avait vidé les camps et reconduit de force à la frontière plus de 4 000 Hmong dont la plupart étaient sur le territoire thaïlandais depuis trente ans. Les Nations Unies et de nombreuses ONG avaient demandé, en vain, l’arrêt immédiat d’une opération qu’elles dénonçaient comme étant en totale « contravention avec le droit international ».

Plus récemment, en février dernier, la Thaïlande des généraux avait rapatrié, également de force, près de 3 000 Karens qui avaient fui en 2009 les exactions de l’armée birmane. « La mise en place par le gouvernement, de mesures pour ‘purger’ le pays des travailleurs clandestins n’a pas seulement échoué à réduire l’immigration irrégulière (...) mais a également eu pour conséquence de faire commettre de graves violations des droits de l’homme par les autorités comme par les employeurs, à l’encontre des migrants, qui sont en réalité les principaux piliers de la croissance économique de la Thaïlande », constate le P. Rangsiphol Plienphan, membre du secrétariat du diocèse de Nakhon Sawan.

« Les immigrés doivent affronter le fait de risquer leur vie lors des actions menées contre eux ou encore de tomber entre les mains de trafiquants, quand il ne s’agit pas de devenir victimes de la corruption systématique des représentants du gouvernement d’Abhisit  », poursuit le prêtre, qui a été plusieurs années au service des migrants venus de Birmanie.

Des convois de camions chargés de Birmans expulsés sont devenus un spectacle familier à Mae Sot, principal poste frontière entre la Thaïlande et la Birmanie. Dans cette ville de transit, Suree Vinitchop dirige l’école Santhawamaitri Suksa tenue par les sœurs de Saint-Paul-de-Chartres. Soutenue par le diocèse de Nakhon Sawan, cette école pour les enfants de travailleurs birmans a ouvert en 2004 et accueille aujourd’hui 200 élèves. « Les migrants sont complètement au ban de la société thaïlandaise, sans accès aux services publics comme la santé ou l’éducation, et sans reconnaissance d’aucun droit, même essentiel  », explique la directrice, qui lutte pour que ses élèves puissent bénéficier d’un statut reconnu par l’État.

Parmi les récentes manifestations de l’inimitié croissante des Thaïlandais et favorisées par les extrémistes « Jaunes » envers les immigrés birmans, une s’est tenue le 22 juillet dernier dans la province de Ranong afin de protester contre l’autorisation accordée aux migrants de Birmanie dont la situation est régularisée, de passer leur permis de conduire. Une décision qui, selon certains en Thaïlande, ne fera qu’accroître le nombre des clandestins et nourrir les réseaux de trafiquants.

Notes

[1] Le peuple Kachin ou Jingpo est un groupe ethnique, d’une population estimée à 450 000 individus, qui vit principalement dans le nord de la Birmanie (État de Kachin).
Ils sont proches d’un peuple en Inde appelé Singpho.
Selon le gouvernement birman, 57 % des Kachin de Birmanie sont bouddhistes, 36 % sont chrétiens, les autres appartenant à diverses religions. Le catholicisme fut introduit chez les Kachin par les prêtres des Missions Étrangères de Paris (MEP) il y a plus de 150 ans.

La Constitution de 1947 avait fait de l’État Kachin une unité semi-autonome dans l’Union fédérale birmane, mais lorsqu’elle fut abolie en 1962, un gouvernement militaire kachin prit officieusement le pouvoir de l’État et organisa l’économie de la région autour du trafic de l’opium et du jade. En 1994, une offensive de l’armée birmane permit à celle-ci de reprendre le pouvoir sur l’État, provoquant l’éclatement de la guérilla kachin en de multiples factions armées. _ Aujourd’hui, le contrôle de l’État kachin est partagé entre différents groupes militaires, à la solde de la junte.

9 Messages de forum

  • Rapatriement forcé en Birmanie 30 mars 07:25, par NFOqBvrYSajHC

    Salut Laurent,Ah, je ne savais pas qu’il y avait un evitsfal a kanchanaburi pour ce9le9brer le pont.J’ai moi-meame e9te9 e9galement sur le pont. MAis bon, c’e9tait au mois de juillet donc c’est normal que je n’ai rien remarque9.Je me suis baigne9 e9galement dans la rivie8re Kwaef. J’ai e9te9 hallucine9 par le courant qu’il y a.Et j’ai rencontre9 Kwong aussi. Peut-eatre le connais-tu ? Il tient une boutique de re9alisation de dreadlock sur la rue principale. Enfin, je suis reste9 deux mois en Thailande et j’ai rencontre9 pas mal de monde. J’ai adore9.Cordialement,Jonathan Delhoux Articles re9cents..

    Voir en ligne : SKkCWDqGHPpLOEpg

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  • Rapatriement forcé en Birmanie 31 mars 09:40, par neTptLdPhaf

    China has exported two 16 PA6 shipborne diesel engines to Myanmar to be fitted on its navy’s indigenous patrol ships, a representative of the German MAN Diesel Co., which designed the original engines, has confirmed.The PLA navy’s 054A missile frigate uses four 16 PA6 engines, produced by China under license from MAN Diesel. MAN Diesel was originally the SEMT Pielstick Co., under French ownership, but changed its name following restructuring last year.China’s export of these engines will help Myanmar upgrade its patrol vessels. Since 1998, Myanmar has built three Sinmalaik-class patrol vessels, with help from China in the design and construction of the vessel hulls.The Sinmalaik-class patrol vessel has a full-load displacement of 1,000 tons and is not fitted with ship-to-ship missiles. The Myanmar navy apparently has plans to develop its own light-duty offshore patrol vessels with China’s assistance, and China’s provision of the 16 PA6 engines is likely related to this plan.Most of the major surface combatants of the Myanmar navy were supplied by China, so the navy resembles the PLA navy in many respects. It has acquired Chinese 40-kilometer-range C-801 ship-to-ship missiles along with 037-G high-speed missile patrol boats. The Myanmar navy altogether has four 037-G fast missile boats, which were all delivered between 1995 and 1997.China officially issued an export license for its new C-802A ship-to-ship missiles six months ago, intending to promote sales to South and Southeast Asian countries. The C-802A has a range of 180 kilometers and is a replacement for the earlier C-801 and C-802 SSMs.Not only the Myanmar navy but also its army and air force are equipped with massive Chinese military equipment. For the past 10 years, China has been the largest supplier of arms to the country. Japanese television news broadcast during last September’s military crackdown on Buddhist monks showed Myanmar soldiers using Chinese-made Dongfeng trucks and even wearing Chinese helmets.The army has been equipped with more than 100 Chinese T-69-II main battle tanks and 55 new T-90 armored personnel carriers. A Google Earth satellite photo shows that at least two Chinese A5M attackers have been deployed in the northern city of Mandalay, which can be used for assaults on rebels in the northern part of the country.China sold more than 22 A5M attackers and at least 50 F-7 fighters to the Myanmar air force in 1991 and 1993. Satellite photos have also shown two Chinese-made Y-8 transporters at the Yangon airport. Also, 12 Chinese Lang Chang K-8 jet trainer aircraft have been sold to the country in the past seven years, the same type sold to the Sudanese air force.For its part, China is actively pursuing access to Myanmar’s natural resources, especially its oil and natural gas. Last year China won a bid to extract natural gas from Myanmar’s biggest offshore field, believed to hold as much as 7.7 trillion cubic feet of gas. The gas is to be delivered by a pipeline, yet to be constructed, via Mandalay to China’s southern province of Yunnan.

    Voir en ligne : XObHDPaNjwOxqUwLAH

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  • Rapatriement forcé en Birmanie 4 avril 09:27, par IpURUQzWDCOulJMLy

    Since 1988, Myanmar has substantially expanded and reshaped its ground forces to counter both internal and external forces… It has always received the greatest share of the defence budget and since 1962 has effectively dominated political processes in the country.Although upgrades in equipment since 1988 have significantly improved the army’s armaments, it would be hard-pressed to cope with a well-prepared enemy armed with modern weapon systems.Morale is generally poor among the enlisted members of the army and desertions are frequent, despite severe penalties for those who are caught… The army also lacks popular support, reflecting its perceived role against the Burman civilian population and numerous ethnic insurgent groups.A confidential internal document obtained by Jane’s in March 2007 showed that the Myanmar Armed Forces suffer from false reporting, haphazard inspections and poor record keeping. Battalion commanders are chastised for drinking excessively and for being fixated on profit making and womanising…On numerous occasions since the 1962 coup, the Myanmar Army has shown ruthless efficiency in crushing political dissent. A similar reaction is possible if widespread civil disruption were to occur again.

    Voir en ligne : gqbcIxKlnXj

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  • Rapatriement forcé en Birmanie 6 avril 07:10, par oDokJixrqkWnKQtg

    Salut Laurent,Ah, je ne savais pas qu’il y avait un festival a kanchanaburi pour célébrer le pont.J’ai moi-même été également sur le pont. MAis bon, c’était au mois de juillet donc c’est normal que je n’ai rien remarqué.Je me suis baigné également dans la rivière Kwaï. J’ai été halluciné par le courant qu’il y a.Et j’ai rencontré Kwong aussi. Peut-être le connais-tu ? Il tient une boutique de réalisation de dreadlock sur la rue principale. Enfin, je suis resté deux mois en Thailande et j’ai rencontré pas mal de monde. J’ai adoré.Cordialement,Jonathan Delhoux Articles récents..

    Voir en ligne : xYApXbZYfRuvqa

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  • Rapatriement forcé en Birmanie 10 avril 07:03, par QLUdVpPvCMpu

    félicitations pour vos prises de position reprises dans l’est republicain de vendredi dernier…rappel :« clouer le bec ? On le sait, la jeune conseillère générale socialiste du Doubs est une fervente adepte du non-cumul des mandants. Pourtant, maintenant que son président du conseil général est également sénateur, elle a soudainement mis son ardeur militante en veille… (septembre 2008) »

    Voir en ligne : fYvpsFnf

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  • Rapatriement forcé en Birmanie 11 avril 02:39, par DXHZPIPHev

    La Birmanie c’est superbe, et je vous conseille vivement un trek vers Kalaw àla découverte des villages un peu reculés (qui ne voient pas souvent de touristes)… On peut dormir facilement dans les monastères, les moines boudhistes sont très accueillants. Si vous avez besoin d’adresses, send me an email.Pas besoin de consacrer du temps àRangoon (2 pagodes) mais plutôt àMandalay.Bon voyage !

    Voir en ligne : JATNniChUJEVMa

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  • Rapatriement forcé en Birmanie 20 avril 05:59, par jtPxKGBuZqJDVL

    Bonjour Marise,Ce que vous appelez « Préfecture » doit être le « Governement Complex ». Effectivement cela ressemble a une préfecture, en ce qui concerne les services de l’immigration. Effectivement pour les visas multiple entrées (j’étais dans ce cas : visa ED multi), on peut soit sortir du pays et revenir, soit aller aux bureaux de l’immigration et dans ce cas, il nous en coute 1900 THB. Dans ces deux cas, on obtient une extension de visa de 90 jours. De plus il faut aller aussi dans un autre bureau (« 90 days notification ») pour effectuer la.Vous n’aurez pas a effectuer cette démarche lors de votre tout premier passage a l’immigration, car elle sera jumelée avec votre première demande d’extension de 90 jours. Ce jour la, les services de l’immigration, agraferons un papier a votre passeport. Sur celui-ci sera écrit la date limite a laquelle vous devrez aller faire votre prochaine notification de résidence.Par contre attention pour le visa touristique multiple entrées ! Celui-ci n’autorise toujours que 2 séjours de 60 jours maximum aux dernières nouvelles.Bonne journée,Laurent

    Voir en ligne : yDcwrEpYaddDNvarfzn

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  • Rapatriement forcé en Birmanie 24 avril 05:42, par QFXGzHmoCWgl

    Super les globe-trotters ! Bravo pour le blog, vous êtes au top ! Et merci pour la Minute du Tour, c’est beau, c’est classe, ça nous dépayse ! On sent bien tout le savoir faire de Nico derrière la caméra =) Bonne route les amis !!T.

    Voir en ligne : vNSUwktqnzCSX

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  • Rapatriement forcé en Birmanie 27 avril 04:10, par rmPLMdpTDgVtPeZNiT

    bonjour laurent d apres mes dernieres informations concernant les visas dits multis entrees nous ne sommes plus obliges de sortir du pays il faut uniquement refaire valider notre passeport a la prefecture en thailande pour une prolongation de trois moismaryse

    Voir en ligne : RbRlXhLStgYG

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