Un député thaïlandais proche du gouvernement arrêté dans une zone frontalière contestée
Six membres des Chemises jaunes fascistes accompagnés d’un député du parti qu’ils ont porté au pouvoir ont été arrêtés mercredi par des soldats cambodgiens alors qu’ils avaient franchi la frontière dans une zone frontalière contestée par les ultra-nationalistes.
« Ils sont entrés dans notre pays illégalement », a déclaré Hun Hean, chef de la police de la province de Banteay Meanchey dans le Nord-ouest.
« Nous ne savons pas pourquoi ils sont entrés sur le territoire cambodgien », a-t-il ajouté, précisant que les autorités n’avaient pas encore décidé s’ils seraient poursuivis ou libérés.
Selon les médias thaïlandais proches d’Abhisit, Panich Vikitsreth, élu du Parti démocrate, était allé inspecter la zone frontalière avec le Cambodge, accompagné par des militants du mouvement pseudo-royaliste des Chemises jaunes.
Le porte-parole du gouvernement Panitan Wattanayagorn a indiqué à Bangkok que le Premier ministre Abhisit était informé de la situation et que des discussions avaient commencé pour faire libérer les sept personnes.
La frontière entre les deux pays n’a jamais été totalement démarquée, notamment à cause des mines laissées par les décennies de guerre au Cambodge.
La querelle bilatérale concerne entre autres le temple khmer de Preah Vihear, des ruines du XIe siècle qui relèvent de la souveraineté du Cambodge mais sont revendiquées par les nationalistes extrémistes en Thaïlande.
En 2008, le classement du monument par l’Unesco avait déclenché une poussée de fièvre nationaliste ainsi que plusieurs accrochages militaires.
Le mois dernier, les Chemises jaunes ont manifesté à Bangkok pour appeler le gouvernement à adopter une position plus ferme face au Cambodge concernant ces disputes frontalières. Ceci peut expliquer la manœuvre provocatrice du député du Parti démocrate allié des militaires putschistes.