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Condition ouvrière sous la junte

Michelin et la liberté d’expression

mercredi 22 septembre 2010, par Rédaction


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Michelin possède une grande usine de pneus à Laem Chabang, dans la province de Chonburi.

Le 25 mars 2009, la direction locale a interdit l’accès à 383 travailleurs qui refusaient de dénoncer une pétition qui avait circulé deux semaines auparavant. [1]

Le plus grand silence a été observé par les médias français

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Hévéa
Plus de 65% du caoutchouc naturel entre dans la fabrication de pneus, dont une proportion importante dans celles des pneus de camions et d’engins de génie civil.
  

Celle-ci demandait à la direction de ne pas imposer unilatéralement des baisses de salaires de 13% et de consulter les représentants du personnel à propos des effets de la crise du marché du pneu.

La pétition invitait aussi la direction de Laem Chabang à rechercher ensemble des solutions plutôt qu’à dicter ses conditions de manière unilatérale. Elle lui demandait aussi de ne plus forcer les travailleurs à signer des documents disant accepter les baisses de salaire et à arrêter de persécuter ceux qui refusaient.

La direction de Michelin a répliqué en suspendant huit représentants des travailleurs et en imposant une baisse de 35% des salaires de ceux qui refusaient de désavouer la pétition. Elle a aussi ramené la durée de leur congé annuel à six jours. Ensuite, le 25 mars, elle a déclenché un lock-out contre 383 des 458 signataires de la pétition.

Lorsque les travailleurs ont bloqué l’usine, certains ont été emprisonnés tandis que des cadres de Michelin portaient plainte au pénal contre les délégués du syndicat.

C’est là une mesure extrême et brutale contre des employés loyaux d’une entreprise qui espère se remettre ainsi de la crise économique mondiale, ” a déclaré le Secrétaire général de l’ICEM, Manfred Warda. “ Nous n’avons d’autre choix que de demander au comité d’entreprise européen d’intervenir. Nous voulons aussi que les travailleurs du caoutchouc du monde entier sachent et exigent que Michelin annule cette sanction aux allures de représailles. ”

Les travailleurs du pneu de Laem Chabang tentent, depuis février, d’adhérer au Syndicat des travailleurs du pétrole et de la chimie (PCFT) affilié à l’ICEM. C’est leur deuxième tentative pour s’organiser en dix ans.

L’usine emploie 1.500 personnes et fabrique des pneus pour voitures et utilitaires légers. Michelin a deux autres unités de production en Thaïlande ; celle de Nong Khae, dans la province de Saraburi, emploie 1.300 personnes et celle de Phra Padaeng, dans la province de Samut Prakarn, en emploie 1.500. Le personnel de la dernière est représenté en majorité par le PCFT. Les trois usines sont la propriété à 90% de Michelin, les 10% restants étant détenus par le holding Siam Cement Group.

Notes

[1] En 2010 une cour du travail thaïlandaise du travail a ordonné la réintégration par Michelin de 12 militants syndicaux

Le Comité tripartite des relations professionnelles (IRC) de Thaïlande a statué que le groupe français Michelin a violé les dispositions de la Loi sur les relations professionnelles de 1975 et ordonné à la direction de l’usine de pneus de Laem Chabang de réintégrer 12 militants de la Fédération des travailleurs du pétrole et de la chimie (PCFT).

Le jugement date du 24 juin, mais il n’a été notifié, avec les documents officiels attestant de pratiques déloyales du travail, que le 20 juillet à la PCFT. Les douze travailleurs faisaient l’objet de discriminations illégales à la suite de leur rôle moteur dans du conflit de deux mois et du lock-out imposé par Michelin à l’usine en mars et avril 2009 dont il est question ici.

Leurs noms figuraient encore dans le registre du personnel de Michelin, mais ils avaient été affectés à un centre public de qualification pour tenter de les tenir à l’écart des 1.800 autres salariés. Ils avaient refusé ce détachement en invoquant des violations de leurs droits.

L’arrêt de l’IRC ordonne à Michelin de leur fournir du travail dans l’usine, à des postes au moins équivalents à leurs postes précédents, dans un délai de 10 jours.

Bien qu’une négociation tripartite ait abouti à une solution partielle le 28 avril, avec notamment la reconnaissance du nouveau syndicat d’établissement affilié à la PCFT, Michelin a poursuivi ses discriminations à l’encontre des dirigeants syndicaux. La décision de l’IRC implique que tous les militants syndicaux soient légalement réintégrés.

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Section de l’usine Michelin de la PCFT
Debout, au centre, le Président de la section, Thanakorn Somsin (le poing levé), et le Secrétaire Sommoi Prawai (à sa gauche), avec les fondateurs de la section de la PCFT.

Quelque 700 travailleurs de l’usine de Laem Chabang se sont affiliés à la PCFT. Michelin a des participations de 90% dans trois usines de pneus en Thaïlande : l’usine Phra Padaeng de Samut Prakarn, dont le personnel est représenté par la PCFT, et les usines Nong Khae de Sarburi et Laem Chabang dont le personnel n’est pas syndiqué. La participation minoritaire dans ces trois usines est détenue par le Siam Cement Group.

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