On s’attendait à cette décision même si la Cour avait un peu fait traîner la date de la décision. Elle avait demandé au Département des enquêtes spéciales (la DSI) de présenter de nouvelles preuves contre Takhsin Shinawatra. Visiblement donc, ces fausses preuves sont maintenant suffisantes.
Ce qui est officiellement reproché à l’ancien Premier ministre, c’est d’avoir impulsé les violences de la semaine dernière, et plus largement d’avoir appelé depuis son exil à la poursuite des manifestations à Bangkok alors que l’état d’urgence était déjà déclaré. Il s’agit donc de mensonges pour une part "Thaksin n’a pas orchestré les violences dues à la brutalité des forces de l’ordre et au refus de toute sortie négociée de l’impasse.
En s’attaquant à lui, en maintenant leur théorie du terrorisme, les autorités veulent s’attaquer non seulement au noyau dur de la contestation des Chemises rouges , mais faire régner la peur parmi les opposants. Le mouvement dépasse clairement aujourd’hui la personne de Takhsin. Thaksin reste très populaire auprès d’une large frange des manifestants, cette popularité est renforcée par la propagande du gouvernement qui identifie toute opposition à Thaksin. La junte prétend aussi agir pour la défense de la royauté.
Thaksin était déjà visé par un mandat d’arrêt international depuis sa condamnation à deux ans de prison ferme par un tribunal mis en place par la junte.
Ce nouveau mandat d’arrêt international, pour terrorisme cette fois, utilise la technique de Georges Bush : mentir et accuser ses ennemis de terrorisme. Le but des auteurs du coup d’État, maintenant sanglant, de 2006 de réduire sa mobilité, et peut-être aussi de le faire taire une des rares voix qui luttent pour la démocratie en Thaïlande, l’un des principaux objectifs des autorités.
Au plus fort de la crise le gouvernement avait fait courir la rumeur que Thaksin était mort. Abhisit victime de ses mensonges et de sa propagande croyait désamorcer la contestation, mais pas plus que l’assassinat, bien réel, par un tireur d’élite de l’armée de Seh Daeng, cette rumeur n’avait démotivé les manifestant.
Thaksin réagit à cette attaque du gouvernement des militaires.
Le Premier ministre légitime thaïlandais en exil Thaksin Shinawatra a accusé mardi les autorités issues du coup d’État de 2008 de violations des droits de l’Homme lors de la dispersion mercredi dernier des manifestants qui ont occupé le centre de Bangkok pendant deux mois. Les récentes déclaration d’Amnesty International vont dans ce sens (C’est une violation flagrante d’un droit fondamental – le droit à la vie.).
Thaksin Shinawatra a réagi dans un communiqué au mandat d’arrêt émis contre lui par un tribunal thaïlandais aux ordres de la junte pour « terrorisme » en liaison avec le mouvement des Chemises rouges.
Le dernier Premier ministre élu a évoqué la répression par l’armée en 1976 d’un mouvement d’étudiants pro-démocratie à Bangkok, qui avait fait des dizaines de morts officiels, des milliers selon les témoins.
« En 2010, c’est arrivé de nouveau. Mais, cette fois, les manifestants pro-démocratie sont des paysans et le gouvernement actuel, appuyé par les militaires, les qualifie de terroristes », a déclaré Thaksin.
« La junte en Thaïlande doit être tenue pour responsable de ces morts et abus des droits de l’Homme », a-t-il ajouté.