Opération publicitaire envers l’occident ou épuration dans les rangs de la mafia ? Il n’y a aucun mal à se procurer des objets ou des services interdits [1] en Thaïlande sous les yeux complice de l’administration, police incluse.
La police a perquisitionné dans 4.655 communautés depuis le 21 décembre 2010, après des consignes données par le gouvernement pour s’occuper du problème de la drogue.
Plus de 21.000 personnes suspectées d’être des utilisateurs ou des trafiquants de drogue ont été arrêtées lors des deux premières semaines dans une opération anti-drogue selon une déclaration de la police vendredi 7 janvier 2011.
Les autorités ont saisi 1,6 million de cachets de méthamphétamine, appelée localement ya ba [2], 40,4 kg d’héroïne, 295 kg de marijuana et 8,5 kgde méthamphétamine cristallisée.
Au total, ces drogues ont une valeur marchande estimée à 500 millions de THB (environ 12,6 millions EUR).
La Thaïlande, comme d’autres pays de la région, connaît une augmentation des saisies de méthamphétamine, en parallèle avec le déclin des opiacés. La police a indiqué avoir également saisi 345 armes, 1.175 balles et six grenades durant cette opération, qui doit durer un mois.
Notes
[1] drogues, prostituées parfois mineures, armes, paris clandestins, loterie, faux papiers...
[2] Le ya ba (yaba, Yaa baa, Ya baa or Yah bah ; en thaïlandais : ยาบ้า) est la drogue de synthèse la plus consommée en Asie. C’est aussi la plus dangereuse !
Sur le marché de la toxicomanie, les drogues de synthèse, faciles à produire en grande quantité pour un coût modique, prennent une place de plus en plus importante. En Europe, c’est l’ecstasy, qui se taille la part du lion, avec le développement, depuis le milieu des années 1990, d’un usage festif. Mais en Asie, c’est un autre membre de la famille des amphétamines, beaucoup plus dangereux que tous les autres représentants de ce groupe, qui est en usage : la métamphétamine, autrement appelée ya ba, la « drogue qui rend fou ».
En 2000, 700 millions de ces cachets auraient été consommés en Thaïlande. Deux raisons à cet usage intensif : le ya ba est l’amphétamine la plus facile à synthétiser et la moins chère ; c’est celle qui produit les effets les plus intenses et les plus longs. Elle est fabriquée essentiellement en Birmanie, pour un coût équivalent à 0,15 EUR le comprimé. Ce dernier est revendu 0,76 EUR près de la frontière, 3 EUR ou plus à Bangkok et 38 EUR en Europe !
La métamphétamine est déjà très largement répandue aux États-Unis, où, elle circule sous les noms de Crystal, Ice ou Crank. Dans ce pays, plusieurs centaines de décès sont attribuées à cette drogue chaque année.
La « drogue qui rend fou » est disponible sous deux formes : la métamphétamine de base (cristaux), la plus dangereuse, qui peut être fumée avec une pipe à eau ; et le chlorhydrate de métamphétamine (sel), absorbé par voie orale, en comprimé. Cette drogue est consommée comme un excitant, pour la stimulation prolongée qu’elle provoque et qui persiste plusieurs jours. Mais le ya ba a l’inconvénient d’entraîner une hypertension artérielle et une augmentation du rythme cardiaque. Il expose les consommateurs aux risques d’AV, d’arrêt cardiaque, d’hyperthermie et de convulsions.