La blogosphère thaïlandaise se mobilise pour défendre la liberté d’expression au lendemain de l’arrestation de la directrice de Prachathai, un site d’informations indépendant. Chiranuch Premchaipoen, connue sous le pseudonyme Jiew, a été interpellée vendredi dernier à l’aéroport de Bangkok alors qu’elle rentrait d’une conférence internationale sur la liberté d’expression en ligne en Hongrie [1].
Accusée de crime de lèse-majesté pour des commentaires laissés par des internautes sur son site Internet, Jiew a finalement été relâchée après s’être acquittée d’une caution de 200 000 THB(environ 4800 EUR). Mais elle fait toujours l’objet d’une procédure judiciaire et risque jusqu’à 50 ans de prison. Et des internautes n’ont pas tardé a lancé une campagne de soutien en sa faveur [2].
Dans une vidéo diffusée en ligne, elle explique que malgré ces problèmes avec la justice, elle n’a jamais songé à fermer son site. Elle affirme en effet être convaincue que le droit à l’information est l’une des composantes les plus importantes de la démocratie.
Une liberté qui est plus que menacée. Depuis que l’état d’urgence a été imposé dans plusieurs provinces après les troubles politiques de cette année, le gouvernement a fait bloquer des dizaines de milliers de sites Web sans l’aval des autorités judiciaires.
Plusieurs organisations de défense des droits de l’homme montent au créneau pour condamner cette censure. Reporters sans frontières accuse ainsi la Thaïlande d’instrumentaliser la loi sur la cybercriminalité afin de faire taire les voix critiques qui s’expriment sur le Web.