vb
Accueil du site > Actualité > Le procès de Sondhi Limthongkul en 2011

Plus stupide tu meurs !

Le procès de Sondhi Limthongkul en 2011

mercredi 18 août 2010, par Rédaction


Partager
  

Le leader des Chemise jaunes [1] ultra royalistes Sondhi Limthongkul sera jugé pour lèse-majesté en novembre 2011.

JPEG - 17.2 ko
Sondhi Limthongkul
  

Le 16 août, la Cour a examiné les éléments de preuve dans le cas de Sondhi Limthongkul qui est poursuivi pour crime de lèse majesté pour avoir répété en les condamnant très fort des mots de l’opposante Da Torpedo  [2]. Paroles qui l’ont envoyée en prison pour 18 ans.

Sondhi a nié toutes ces accusations en cour.

Le tribunal a fixé au 1er novembre 2011 [3] la date de début pour le procès.

Un procès grotesque digne d’Ubu. Le plus virulent des défenseurs de la monarchie poursuivi pour lèse-majesté !

Notes

[1] De mai 2008 à décembre de la même année, l« l’Alliance du peuple pour la démocratie » (PAD) a mèné une lutte sans merci pour imposer la démission du premier ministre élu Samak. Les Chemises jaunes ne sont en rien une force progressiste comme le laisse supposer leur nom. Le mouvement est dirigé par Sondhi Limtongkul, un magnat de la presse, ancien partenaire en affaire de Thaksin, ruiné par la crise de 1997. Il a fédéré autour de lui toutes sortes de mécontents : des royalistes qui se sentaient menacés politiquement et économiquement par les affairistes proches de Thaksin ; des militaires qui n’acceptaient pas de voir leur emprise sur la société réduite depuis 1992 ; des membres du Parti démocrate, traditionnel allié de la royauté et de l’armée et rejeté à la périphérie des affaires ; des juges des différentes hautes cours ; des intellectuels et des membres de la classe moyenne fatigués par la corruption et les affaires ; des moines appartenant à des sectes bouddhistes réactionnaires… Tous ont soutenu le coup d’État militaire. Parmi les principaux dirigeants, on trouve aussi Chamlong Srimuang, Phanlop Phinmanee et Prasong Soonsiri, trois des principaux vétérans de la guerre contre l’insurrection communiste des années 1970 et 1980. Tous ont en horreur le peuple qu’ils jugent trop ignorant pour être habilité à voter et à intervenir dans les affaires politiques. Ils sont contre la démocratie et se sont mobilisés pour que la nouvelle constitution mette en place un système élitiste dans lequel seulement 30 % des sièges au parlement seraient pourvus directement par un vote populaire.

[2] L’affaire Da Torpédo a replongé la Thaïlande dans l’Age des Ténèbres.

En aout 2009 Daranee Charnchoengsilpakul (« Da Torpedo ») a été condamnée à 18 ans de prison pour »crime de lèse-majesté" après un procès tenu en secret à Bangkok.

JPEG - 20.3 ko
Daranee Charnchoengsilpakul - « Da Torpedo}}
a été condamnée à 18 ans de prison pour »crime de lèse-majesté" après un procès tenu en secret à Bangkok.

Ceci est juste un autre exemple de la façon dont la Thaïlande en vient rapidement à ressembler à des pays autoritaires comme la Corée du Nord. L’utilisation de la loi sur la sécurité intérieure pour empêcher des manifestations pacifiques des Chemises rouges pro-démocratie et la façon dont le Premier ministre non élu, Abhisit, a exhorté l’armée à tuer des manifestants en avril et mai de cette année sont d’autres exemples.
Ce qui est aussi choquant, c’est la manière dont il y a eu un silence complet des soi-disant « militants des droits de l’homme » ou des ONG et des universitaires sur ce qui se passe en Thaïlande. Ceci ne peut être décrit que comme une situation honteuse. La politique à long terme d’Amnesty International de tourner le dos aux détenus de conscience thaïlandais, emprisonnés pour lèse-majesté, est aussi épouvantable. Elle remet en question le rôle de cette organisation ;

Da Torpedo n’a jamais commis un acte de violence. Elle n’a jamais tué personne ni détruit de biens de quiconque. Elle est une militante pro-démocratie qui a fait des discours en public. Elle a été emprisonnée pour 18 ans pour avoir fait ces discours. En Thaïlande, les officiers de l’armée et des fonctionnaires de l’État qui commettent des crimes violents contre les gens sont libres de jouir du pouvoir et des privilèges. Le pire des crimes aux yeux des élites thaïlandaises au pouvoir, est de penser pour soi-même et d’exprimer ses pensées. C’est pourquoi Da est en prison. C’est pourquoi Suwicha Takor - gracié par SAR le Roi et libéré depuis - et d’autres sont en prison pour crime de lèse-majesté.

Les élites thaïlandaises veulent que les Thaïlandais soient des imbéciles. Les élites veulent les faire ramper sur le sol devant eux comme si ils n’étaient pas humains. ils doivent sourire comme des idiots et chanter à l’unisson qu’ils « aiment le Roi et la patrie ».
Le problème dans la société thaïlandaise a toujours été que les dirigeants sont corrompus, brutaux et barbares, tandis que le peuple est généralement bon. Pourtant, « Ils » revendiquent le droit de faire la leçon au peuple et de lui intimer d’être bon.

La démocratie ne pousse pas sur les arbres ou ni ne nous tombent dans les mains comme un fruit mûr. Cela signifie que nous ne devons jamais oublier Da Torpedo, Suwicha, ni aucun autre prisonnier d’opinion dans les prisons thaïlandaises.
Nous devons faire campagne pour l’abolition de la loi de lèse-majesté.

[3] Noter avec quelle lenteur sont jugés les factieux des Chemises jaunes alliés des généraux et d’Abhisit. Un an encore pour le son début alors que Da Torpédo est en prison depuis aout 2009 pour un « crime » identique commis à la même date. C’est aussi ça, la dictature en Thaïlande.

Répondre à cet article

SPIP | squelette | | Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0
Thaïlande information et démocratie Thaïlande tourisme et loisirs
Thailand travel and tourism guide Thailand hot and unusual guide
annuaire des sites Web thaïlandais Kanchanaburi, trek et aventure
Trekking et avanture à Kanchanaburi D and D Coffee House, Kanchanaburi
Objurgation à la tyrannie Prostitution, proxénétisme dans le monde