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La dictature au quotidien

Le Premier ministre dans une manif Jaune pour la bonne cause

mardi 10 août 2010, par Rédaction


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L’application de la loi est une question de priorité en Thaïlande. Le décret d’état d’urgence en vigueur depuis cinq mois dans la capitale n’a pas empêché samedi le Premier ministre putschiste Abhisit Vejjajiva de participer en personne à la manifestation organisée par les Chemises jaunes” dans un stade au cœur de Bangkok sur le sujet de la dispute territoriale avec le Cambodge. Abhisit a souligné que la cause était juste. Pour leur quête de justice sociale, les Rouges   n’ont qu’à bien se tenir

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Les Chemises rouges tentent d’arrêter le car qui conduit les dirigeants à la prison
  

Le Premier ministre thaïlandais Abhisit Vejjajiva a été ovationné samedi par les fascistes des Chemises jaunes après s’être joint à la manifestation organisée par le Réseau Patriote Thaïlandais dans le stade Thaï-Japonais du quartier de Din Daeng, malgré l’état d’urgence en vigueur depuis cinq mois dans la capitale et qui interdit tout regroupement politique de plus de cinq personnes.
Dans une allocution donnée à une foule enthousiaste estimée à 2.500 personnes, le chef du gouvernement a tenu à apaiser les craintes des militants anti-Thaksin vis-à-vis de la dispute territoriale avec le Cambodge.
Les organisateurs avaient initialement prévu de se rassembler devant la maison du gouvernement. Mais ils ont finalement décidé de se réunir dans le stade de Din Daeng après accord de dernière minute avec les autorités qui avaient prévenu que tout rassemblement serait interdit devant le siège du pouvoir.
Environ 300 manifestants se sont néanmoins présentés devant l’enceinte, mais ont été forcés de quitter les lieux.

Démonstration de force politique
Les leaders ultras de l’Alliance du Peuple pour la Démocratie (PAD), qui se font appeler Chemises jaunes et ont créé l’an dernier un parti politique, s’étaient déjà par le passé alliés avec les acteurs du pouvoir actuel. Mais cette manifestation est le signe que le groupe gonfle ses muscles politiques.
Le PAD a critiqué le parti au pouvoir pour avoir signé en 2000 avec le Cambodge un protocole d’accord (MoU) dont il estime qu’il ouvre la voie à une possible reconnaissance de la souveraineté de ce dernier sur un terrain de 4.6 kilomètres carrés.
Le groupe a demandé que la Thaïlande annule le MoU, renvoie les citoyens cambodgiens de la zone contestée et cherche à reprendre le contrôle du temple ancien de Preah Vihear.
Abhisit a marqué l’hésitation sur la question de l’intervention militaire, mais il a répété que la Thaïlande resterait ferme sur l’affaire.
Les Chemises jaunes, qui sont soutenues par l’élite de Bangkok et le palais royal, constituent la branche populaire d’une oligarchie qui a juré d’éradiquer la clique de l’ancien Premier ministre déchu, Thaksin Shinawatra, et de mater ses partisans et électeurs appelés les Chemises rouges  , tout en appelant à la réconciliation nationale. Les Rouges voient rouge
Les manifestations pacifiques du PAD en 2006 contre Thaksin, dont les excès d’abus de pouvoir avaient exaspéré la classe moyenne et l’élite de la capitale, avaient débouché sur un coup d’État non violent. En exil depuis 2008 après un court retour au pays, Thaksin est le héros de la majorité de la classe laborieuse qui constitue l’essentiel des Chemises rouges, dont les manifestations pacifiques lancées en mars dernier se sont soldées en avril et mai par des affrontements violents fortement réprimés par l’armée.
Les Chemises rouges, qui disent lutter contre une justice à deux vitesses, ont réitéré leur plainte par l’intermédiaire du parti Puea Thai au regard du traitement de faveur accordé aux leaders du PAD et leurs partisans qui avaient bloqué en 2008 la maison du gouvernement pendant trois mois et demi et les deux aéroports de la capitale pendant une semaine.
Alors que de nombreux leaders et manifestants Rouges sont en prison depuis les événements de mai, certains les fers aux pieds, les Jaunes ont vu les perspectives d’un jugement reportées à plusieurs reprises depuis 2008. Dernier report en date : jeudi dernier, le 4 août, le bureau du procureur général a repoussé au 7 octobre (le jour anniversaire d’une manifestation du PAD en 2008 réprimée par la police) sa décision d’une éventuelle mise en accusation de neuf leaders. Le 2 août, la Cour de justice d’Ubon Ratchatani jugeait 50 personnes arrêtées et emprisonnées pour avoir violé l’état d’urgence en mai, certaines d’entre elles seulement pour s’être réunies à plus de 5 personnes. Quelques jours auparavant, un millier de manifestants des Chemises Jaunes avaient bloqué l’avenue Sukhumvit pour protester devant le siège de l’Unesco. Ils avaient alors été rejoints par le Premier ministre qui les avait félicités pour leur patriotisme. La réconciliation est sur la bonne voie entre le PAD et le Parti Démocrate, mais certainement pas avec les partisans des Chemises Rouges.

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