Peu imaginaient qu’il recevrait la récompense tant convoitées pour Oncle Boonmee. Le film avec des séquences superbes, a surpris les spectateurs lors de sa projection. Le film d’Apichatpong procède par apparitions successives qui surgissent devant oncle Boonmee qui se souvient de sa vie passée. Sa femme et son fils, décédés, partagent avec lui son repas et lui rappellent leurs souvenirs communs : ce sont les scènes facilement accessibles à un public non asiatique.
Certains critiques trouvent que le récompenser avec la Palme d’Or est excessif, même si le film brille par sa poésie, son ambiance surnaturelle et sa sérénité surnaturelle. Est-ce un geste politique, alors que la Thaïlande est en pleine guerre civile et subit une répression sanglante ? C’est fort probable, même si le film n’a pas, a priori , de visée politique. Apichatpong Weerasethakul est originaire du Nord, d’une des provinces qui ont fourni le gros des Chemise rouge. Il a, à plusieurs reprises, discrètement, évoqué la censure implacable qui existe en Thaïlande.
Jamais la Thaïlande n’avait reçu la Palme d’Or. Le prix du jury donné au film tchadien, qui, lui aussi, évoque la mort sur fond de guerre civile et de rapport père-fils, montre la volonté politique du jury de Tim Burton.
Le cru 2010 voit distinguer une carte du cinéma assez étonnante : la Thaïlande, la Corée du Sud - prix du scénario, le Tchad, la France et l’Espagne. Que font les ’Amériques ?