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La justice rejette l’appel de Thaksin

mercredi 11 août 2010, par Rédaction (Date de rédaction antérieure : 11 août 2010).


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La Cour suprême de Thaïlande a rejeté mercredi un appel de l’ex-Premier ministre en exil Thaksin Shinawatra qui contestait la décision de saisir plus de la moitié de sa fortune, soit 1,4 milliard de dollars.

Selon la Cour soumise aux putschistes, Thaksin n’a pas fourni de nouveaux éléments, contrairement à ce que ses avocats avaient annoncé.
« Le processus judiciaire est terminé. Nous ne pouvons plus rien faire », a déclaré Chatthip Tantaprasart, un de ses avocats.
La justice thaïlandaise à la solde des généraux a émis une série de mandats d’arrêt contre M. Thaksin, dont un pour terrorisme. Le pouvoir issu du coup d’État de 2006 l’accuse d’avoir incité ses partisans, les Chemises rouges   [1], à la violence et d’avoir financé les manifestants pour la démocratie et contre la dictature qui ont occupé le centre de Bangkok pendant des semaines en avril/mai pour réclamer de nouvelles élections.
La Cour suprême de Thaïlande avait ordonné fin février la saisie de plus de la moitié de la fortune de Thaksin Shinawatra, considérant qu’il avait profité de sa position politique alors qu’il était Premier ministre (2001-2006) pour s’enrichir personnellement.
Cet argent provenait de la vente en janvier 2006 par sa famille de parts qu’elle détenait dans un géant des télécoms au groupe singapourien Temasek. Les fonds étaient gelés depuis 2007 sur ordre d’une junte militaire qui l’avait renversé et qui a depuis installé sa mrionette Abhisit au pouvoir.
Le jugement a provoqué la colère de ses amis dont une partie des Chemises rouges".
Thaksin a été élu en 2001, réélu triomphalement en 2005 et renversé par des généraux l’année suivante. Ses partisans réélus malgré la nouvelle constitution [2] imposée par les généraux dirigés par le général Prem président le Conseil du roi. Un coup d’État « soft » les a écarté du pouvoir au profit des fascistes du PAD [3] Il vit depuis 2008 en exil.

Notes

[1] Ces derniers en fait comptent un nombre important d’opposants qui ne sont pas favorables à Thaksin.
L’assimilation des Chemises rouges aux partisans de Thaksin est le fruit de la propagande mensongère d’Abhist et des putschistes.

[2] Pour favoriser une victoire claire et nette du oui et ainsi légitimer sa nouvelle Constitution le gouvernement appointé par la junte s’était donné tous les moyens. _ Au moins 30 millions de bath ont été dépensés pour payer des campagnes de publicité en faveur du oui dans les médias, pour distribuer 18 millions d’exemplaires de la constitution à couverture jaune, la couleur du roi, pour bien faire comprendre dans quel sens il fallait voter. La campagne a été rythmée par des meetings remplis de villageois à qui l’on offrait entre 100 et 300 bath, un repas, le transport gratuit pour assister au meeting, habillé de jaune encore une fois. Selon The Nation le général Sonthi aurait affirmé que « des officiers militaires ont été envoyé dans les campagnes afin de faire mieux comprendre aux gens ce que signifie la démocratie ».

Dans un discours public, le premier ministre désigné par la junte, Surayud Chulanont, a averti publiquement : « faire campagne pour le boycott ou pour le « non », pourrait être reconnu illégal quand la loi convoquant le référendum prendra effet ». Selon cette loi, user d’influence pour changer le résultat est illégal. « Toute personne qui organise des troubles, fait obstruction ou fait n’importe quoi susceptible de perturber le référendum » pourrait être condamné jusqu’à dix ans de prison, payer une amende pouvant atteindre 200.000 baths (4.400 euros) et banni de la vie politique pendant 5 ans. Selon Asian Human Rights Commission, « il est clair que le principal objectif de cette loi est d’intimider et d’imposer le silence à toute personne qui ne partage pas les vues officielles ». Au niveau local, la propagande a été appuyée par toutes sortes d’intimidations et de coups de force de la police contre les militants du « non » : agressions physiques contre des portes paroles, saisie de matériel de campagne, emprisonnement de protestataires, menace contre certaine catégories comme les chauffeurs de taxi de Bangkok qui arboraient un autocollant précisant qu’ils conduisaient des clients mais pas la constitution (we drive customers, not the constitution)… Par contre, Sonthi Boonyaratklin, le chef de la junte au pouvoir et leader du coup d’Etat, a trouvé parfaitement justifié de demander à ses subordonnés de faire campagne en faveur du oui.

Bien entendu, la famille royale, qui avait endossé dès le lendemain le coup d’état militaire du 19 septembre 2006, a aussi donné un coup de pouce au vote en faveur du oui. Dans un discours à l’occasion de son 75e anniversaire, la reine Sirikit a demandé aux moines bouddhistes, qui organisaient une campagne de rejet de la constitution, de rester en dehors du débat politique. Cette campagne avait débuté à la suite du refus par « l’assemblée constituante » désignée (CDA) de donner au bouddhisme le statut de religion d’Etat. Il est vrai que la guerre civile dans l’extrême sud à majorité musulmane n’avait pas besoin de cette provocation supplémentaire.

Au delà, de ces manœuvres et intimidations le gouvernement a donné un signal autrement plus menaçant : le rejet de la constitution signifierait un report à l’année 2008 des élections générales promises par la junte dès son arrivée au pouvoir et prévues après l’anniversaire du roi en décembre 2007. En d’autres termes, cela aurait signifié le maintien au pouvoir d’un gouvernement supervisé par la junte militaire. Deuxième menace encore plus préoccupante : En cas de majorité pour le « non », la junte militaire avait annoncé qu’elle s’arrogeait le droit de choisir l’une des dix-sept constitutions réactionnaires précédentes, de la modifier à sa convenance, et de la promulguer sans vote préalable !

Dans ces conditions, on comprendra que plus d’un électeur ayant envie de voter « non » y est réfléchi à deux fois. Quel était le pire : l’adoption d’une mauvaise constitution, mais dont on connaissait au moins le contenu, ou le saut dans l’inconnu en laissant une dizaine de généraux choisir la constitution ? Les dés étaient vraiment pipés. Et dire qu’officiellement, il s’agissait de rétablir la démocratie ! « La démocratie, quelle démocratie ? »
Voir l’article de Danielle SABAI et Jean SANUK Dix-huitième Constitution approuvée ! Le Royaume de Thaïlande champion de la démocratie ?

[3] Connus sous le nom de Chemise jaunes.

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