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Esclavagisme

La Thaïlande exploite 1,5 million de clandestins

mardi 24 août 2010, par Rédaction


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La Thaïlande exploite 1,5 million travailleurs clandestins, pour la plupart de véritables esclaves.

  

S’exprimant lors d’un séminaire national sur le développement des services de santé publique pour les travailleurs étrangers, le Dr Siriwat Tiptaradol, a déclaré que, selon les statistiques du ministère du Travail, il y avait 1.310.690 travailleurs étrangers vivant en Thaïlande. La plupart ont permis de travail expiré, et ils doivent passer par le processus de vérification de nationalité. Toutefois, ils sont temporairement autorisées à rester en Thaïlande.

Bangkok, la capitale thaïlandaise, a le plus grand nombre de travailleurs étrangers en Thaïlande, ce qui représente environ 30 % du chiffre global .

Dr Siriwat estime que ceux qui travaillent et vivent illégalement en Thaïlande, représentent une menace pour la sécurité nationale, et pour eux-mêmes face à de nombreux problèmes de santé publique.

Les travailleurs clandestins ont un accès très limité aux soins et ont tendance à être porteurs de maladies contagieuses, comme le VIH, la tuberculose (TB), et le paludisme.

Un accès limité aux soins

Afin de les empêcher d’être vecteurs de maladies, le ministère de la santé publique demande aux employeurs de faire passer a leurs travailleurs un examen médical avant de commencer leur travail. L’examen coûte 600 THB (14 EUR) en 2010, comprenant une radiographie pulmonaire, un test de grossesse, la tuberculose (TB) , la recherche de traces de substances addictives dans le sang, la syphilis et les maladies comme l’éléphantiasis. Le Dr Siriwat a déclaré que les travailleurs étrangers sont en mesure d’acheter chaque année une carte d’assurance maladie pour 1300 THB (environ 30 euros) afin d’être suivi dans le système de santé et de recevoir des services en cas de maladie, indépendamment de leurs cartes de séjour ou permis de travail.

Le gouvernement thaïlandais a récemment entrepris de «  régulariser  » [1] un grand nombre de travailleurs migrants sans-papiers. Cette régularisation a pour effet de rendre les travailleurs clandestins encore plus dépendants de la polices et des mafias amies du pouvoir.
Coopérant avec les pays voisins du Laos, Cambodge et du Myanmar – d’où viennent la plupart des travailleurs migrants – le gouvernement s’emploie à inscrire près de deux millions de migrants pour la plupart venus en Thaïlande pour travailler. Jusqu’à présent le gouvernement thaïlandais a annoncé avoir délivré 932 255 permis de travail, et titres de séjour- dont 812 984 à des immigrés en provenance du Myanmar, 62 792 en provenance du Laos et 56 479 en provenance du Cambodge.

En plein essor de l’économie de la Thaïlande est devenue un pôle d’attraction pour les migrants des pays voisins. Son PIB par habitant est douze fois plus élevé que celui du Myanmar (151 USD) et très supérieur aux autres voisins – comme le Cambodge (270 USD par habitant) et la RDP du Laos (330 USD) – qui souffrent également de sous-développement. On estime à environ deux millions les travailleurs migrants en provenance du Myanmar, Cambodge et du Laos présents en Thaïlande.

Beaucoup de ces migrants sont employés dans la pêche et les conserveries en Thaïlande, l’agriculture, l’industrie, la construction et les services ET LA PROSTITUTION. De nombreuses usines ont été construites dans les zones frontalières pour tirer profit de la main-d’œuvre étrangère bon marché, et un et le soutien en sous-mains des canaux officiels des dictatures militaires pour organiser les migrations du travail a donné lieu à un important trafic humain.

Notes

[1] L’exemple birman.
Bon nombre de migrants sont issus de groupes ethniques minoritaires, comme les Mon, Karen et Shan. Ils ont fui l’oppression de l’armée birmane et les atteintes aux droits de l’homme. Environ 80 % des migrants menacés de rapatriement par le pouvoir des généraux putschistes sont d’origine birmane : certains ont quitté la Birmanie pour échapper à la dictature militaire et à la répression, d’autres pour simplement survivre.

Deux à trois millions de migrants birmans vivraient en Thaïlande, mais seulement 1.310.686 sont inscrits en tant que travailleurs migrants. La plupart travaillent donc clandestinement dans l’agriculture, l’industrie du poisson, le bâtiment, les usines de textiles et les emplois domestiques. Ils sont exploité de façon abominable, rançonnés par la police et les jeunes filles contraintes à la prostitution.
Ils occupent surtout les emplois généralement « délaissés » par les Thaïlandais et qualifiés de « 3D » : « dangerous » (dangereux), « dirty » (sale) et « difficult » (difficile). Les « petites mains » birmanes sont aujourd’hui devenues indispensables à l’économie du royaume : d’après un rapport de l’Institut de recherche thaïlandais pour le développement, les migrants – parmi lesquels 80% de Birmans - ont permis d’augmenter le PIB thaïlandais de 1,25% en 2007.

Obtenir un permis de travail représente un investissement bien trop important pour ces clandestins, déjà rançonnés par les passeurs, l’armée, la police et l’administration : près d’un mois de salaire. En conséquence, une minorité de ces travailleurs sont enregistrés et bénéficient d’une couverture sociale. Souvent dénigrés par la population thaïlandaise et ne maîtrisant pas la langue thaïlandaise, ils sont très vulnérables aux rackets habituels de la police et à l’exploitation esclavagiste de leurs employeurs. À Mae Sot, un Birman salarié du textile touche environ 70 THB par jour (1,75), soit moins de la moitié du salaire minimum thaïlandais.

Les Cambodgiens ne sont pas mieux lotis
Les autorités thaïlandaises ont affirmé, en février, avoir entamé les préparatifs visant à expulser des dizaines de milliers d’immigrés cambodgiens qui n’ont pu renouveler leur permis de travail, ou sont plus simplement entrés illégalement en Thaïlande.

Les autorités thaïlandaises comptent 134 902 ressortissants cambodgiens enregistrés par leurs services, le chiffre dépasserait les 200 000 en comptant les clandestins.

Le salaire cumulé des 6.500 employés de Nike en Thailande équivalait à ce que gagnaient les 13 membres du directoire de la firme ! Comme si cela ne suffisait pas, les responsables asiatiques de Nike abusaient également physiquement et sexuellement des ouvrières.

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