L’avortement est tout à fait illégal, et tout aussi répandu : l’avortement n’est pas le seul exemple patent parmi d’autres, au pays du sourire : la prostitution est interdite, le jeu est interdit et il ont pignon sur rue.
D’après le ministre de la Santé Jurin Laksanavisith, 80.000 femmes ont recours a un avortement illégal chaque année, et 3.900 cliniques sont sous la surveillance pour pratique illégale de l’avortement. Un chiffre qui est très, très sous estimé.
Selon le professeur Kamheang Chaturachinda, président de la Women’s Health and Reproductive Rights Foundation de Thaïlande, le nombre d’avortements illégaux en Thailande est plus proche de 300.000 à 400.000. Un chiffre assez important pour une population de 67 millions d’habitants, et pour seulement 790.000 naissances. [2]. Une femme ayant recours à l’avortement illégalement [3] encourt une peine de trois ans de prison, ou 6.000 THB d’amende, ou les deux. La peine maximale pour la personne pratiquant l’avortement peut aller jusqu’à 10 ans de prison si la femme meure suite à l’opération.
Le Bouddhisme, n’interdit pas l’utilisation de moyen de contraception, mais l’avortement est assimilé a un crime
Une suspecte a été arrêtée après avoir confessé s’être débarrassé des fœtus pour le compte de cliniques pratiquant illégalement l’avortement. Lanjakorn Jantamanas, 33 ans, était payée 500 THB par fœtus pour l’acheminement des corps, qu’elle déposait ensuite au temple.
L’avortement en Thaïlande : un débat interdit de plus
La police thaïlandaise [4] a promis une vague de répression sur les cliniques pratiquant des avortements illégaux. Le Premier ministre mis en place par les généraux putschiste, Abhisit Vejjajiva a déclaré que l’on devait faire plus pour combattre l’avortement illégal, et que la loi thaïlandaise resterait inchangée, la jugeant « appropriée et suffisamment flexible » et surtout très juteuse pour ses amis bénéficiaires du système qu’ils soient dans l’administration ou propriétaires de ces même cliniques comme ils le sont des bordels.
Depuis longtemps des voix s’élèvent pour protester contre cette loi, qui ne correspond plus à la réalité de la société thaïlandaise. Les groupes féministes, même des membres de la majorité politique du Premier ministre [5] réclament une révision de la situation de l’avortement en Thaïlande.
Rayong Sathit Pitutecha, membre du Parti Démocrate, suggère la mise en place d’un comité spécial qui examinerait la situation de femmes enceintes au cas par cas. Il veut, en outre, élargir le champ d’autorisation d’avortement aux filles mineures et aux femmes souffrant d’incapacité mentale. Sa proposition sera examinée lors de la prochaine session parlementaire en février prochain.
Pas d’éducation sexuelle au pays du sexe-marchandise
L’éducation sexuelle en Thaïlande est théoriquement enseignée dans les écoles à partir du lycée. Les cours sont plus que sommaires, et les professeurs thaïlandais sont handicapés par le tabou très fort à ce sujet : on baise mais on en parle pas. Alors il ne sont pas très bien placés expliquer la sexualité à leurs élèves.
Une étude a établi que la sexualité est enseignée dans 0,44% des écoles primaires, 11,74% des collèges, 60% des lycées et 25% des universités centrées sur l’éducation.

- Écoliers thaïlandais
- Les écoliers chantent ici ’hymne thaïlandais, Phleng-chat-thai. Photo du blog d’Alain à Udon Thani (lire sur le blog)
De quoi faire rire le étrangers qui viennent en Thaïlande pour le tourisme sexuel, la sexualité est un sujet tabou au sein de la population locale [6]. Le sujet n’est pas abordé en famille, les adolescents font leur apprentissage à l’école, dans la rue, par eux-mêmes et via Internet et les films à caractère pornographique. Il est à noter aussi la corrélation entre violence et sexualité dans la mentalité thaïlandaise, la plupart des contacts physiques entre personnes de sexes différents étant des gestes violents.
Les messages en direction des jeunes sont contradictoires. D’une part, ils sont la cible de nombreuses mises en garde contre les rapports sexuels non-protégés, et observent un peu partout les préservatifs, les pilules du lendemain et les putes en vente libre ; de l’autre les filles sont encouragées à rester vierges jusqu’au mariage et à pratiquer l’abstinence.
Le Bouddhisme n’interdit pas la contraception [7]. Par contre, l’avortement est assimilé a un crime, le fœtus étant considéré comme un être vivant. Une femme qui met fin à sa grossesse est donc une meurtrière, et risque un avenir néfaste avec sa famille et son entourage.
Le bouddhisme [8] en Thaïlande inspire directement une partie des lois du Royaume, la reforme du statut de l’avortement risque de se heurter à de nombreux obstacles...


