Les combats se poursuivent, ce mardi 26 avril 2011, entre militaires thaïlandais et cambodgiens à proximité de deux temples situés en pleine forêt, à la frontière entre les deux pays.
Depuis vendredi 22 avril 2011, ces affrontements ont fait douze morts.
Les deux pays s’affrontent depuis plusieurs années dernières années sur cette frontière jamais vraiment tracée car les mine y sont nombreuses.
Le Cambodge réclame depuis les derniers combats de février 2011, une médiation internationale, pour régler ces différends frontaliers, mais le gouvernement de Bangkok, issu du coup d’État militaire de 2006 [1], insiste pour des discussions bilatérales.
La dictature qui sévit en Thaïlande prétend résoudre le problème par la force. La communauté internationale, si présent là où il y a du pétrole, s’est prononcé en faveur du Cambodge. Les généraux s’en contrefichent.
La Communauté internationale va-t-elle se prononcer, voire même intervenir militairement pour obliger les agresseurs qui violent le droit international ?
La réponse est connue : les dictateurs thaïlandais sont des amis des Américains, de Sarkozy et de Koutchner . Tout comme les autres amis de l’Occident mondialiste (Israël, l’Arabie Saoudite, le Bahreïn...) il ne seront ni inquiétés ni dénoncés. Le fils spirituel de Bush, Obama va demander aux belligérants de cesser de combattre en prenant soin de ranger agresseurs et victimes dans un même panier...
Notes
[1] Et suivi par le coup d’État soft de 2008.
Thaksin avait été élu en 2001, réélu triomphalement en 2005 et renversé par des généraux en 2006. Ses partisans ont été réélus malgré la nouvelle constitution imposée par les généraux dirigés par le général Prem président le Conseil du roi. Ce coup d’État « soft » les a écarté du pouvoir au profit des fascistes du PAD
Pour favoriser une victoire claire et nette du oui et ainsi légitimer sa nouvelle Constitution le gouvernement appointé par la junte s’était donné tous les moyens.
Plus de 30 millions de THB ont été dépensés pour payer des campagnes de publicité en faveur du oui dans les médias, pour distribuer 18 millions d’exemplaires de la constitution à couverture jaune, la couleur du roi, pour bien faire comprendre dans quel sens il fallait voter. La campagne a été rythmée par des meetings remplis de villageois à qui l’on offrait entre 100 et 300 THB, un repas, le transport gratuit pour assister au meeting, habillé de jaune encore une fois. Selon The Nation le général Sonthi aurait affirmé que « des officiers militaires ont été envoyé dans les campagnes afin de faire mieux comprendre aux gens ce que signifie la démocratie ».
Dans un discours public, le premier ministre désigné par la junte, Surayud Chulanont, a averti publiquement : « faire campagne pour le boycott ou pour le « non », pourrait être reconnu illégal quand la loi convoquant le référendum prendra effet ». Selon cette loi, user d’influence pour changer le résultat est illégal. « Toute personne qui organise des troubles, fait obstruction ou fait n’importe quoi susceptible de perturber le référendum » pourrait être condamné jusqu’à dix ans de prison, payer une amende pouvant atteindre 200.000 THB (4.400 EUR) et banni de la vie politique pendant 5 ans. Selon Asian Human Rights Commission, « il est clair que le principal objectif de cette loi est d’intimider et d’imposer le silence à toute personne qui ne partage pas les vues officielles ». Au niveau local, la propagande a été appuyée par toutes sortes d’intimidations et de coups de force de la police contre les militants du « non » : agressions physiques contre des portes paroles, saisie de matériel de campagne, emprisonnement de protestataires, menace contre certaine catégories comme les chauffeurs de taxi de Bangkok qui arboraient un autocollant précisant qu’ils conduisaient des clients mais pas la constitution (we drive customers, not the constitution)… Par contre, Sonthi Boonyaratklin, le chef de la junte au pouvoir et leader du coup d’État, a trouvé parfaitement justifié de demander à ses subordonnés de faire campagne en faveur du oui.
Bien entendu, la famille royale, qui avait endossé dès le lendemain le coup d’état militaire du 19 septembre 2006, a aussi donné un coup de pouce au vote en faveur du oui. Dans un discours à l’occasion de son 75e anniversaire, la reine Sirikit a demandé aux moines bouddhistes, qui organisaient une campagne de rejet de la constitution, de rester en dehors du débat politique. Cette campagne avait débuté à la suite du refus par « l’assemblée constituante » désignée (CDA) de donner au bouddhisme le statut de religion d’État. Il est vrai que la guerre civile dans l’extrême sud à majorité musulmane n’avait pas besoin de cette provocation supplémentaire.
Au delà, de ces manœuvres et intimidations le gouvernement a donné un signal autrement plus menaçant : le rejet de la constitution signifierait un report à l’année 2008 des élections générales promises par la junte dès son arrivée au pouvoir et prévues après l’anniversaire du Roi en décembre 2007. En d’autres termes, cela aurait signifié le maintien au pouvoir d’un gouvernement supervisé par la junte militaire. Deuxième menace encore plus préoccupante : En cas de majorité pour le « non », la junte militaire avait annoncé qu’elle s’arrogeait le droit de choisir l’une des dix-sept constitutions réactionnaires précédentes, de la modifier à sa convenance, et de la promulguer sans vote préalable !
Dans ces conditions, on comprendra que plus d’un électeur ayant envie de voter « non » y est réfléchi à deux fois. Quel était le pire : l’adoption d’une mauvaise constitution, mais dont on connaissait au moins le contenu, ou le saut dans l’inconnu en laissant une dizaine de généraux choisir la constitution ? Les dés étaient vraiment pipés. Et dire qu’officiellement, il s’agissait de rétablir la démocratie ! « La démocratie, quelle démocratie ? »
Voir à ce sujet, l’article de Danielle SABAI et Jean SANUK Dix-huitième Constitution approuvée ! Le Royaume de Thaïlande champion de la démocratie ?