En Thaïlande, l’état d’urgence est levé aujourd’hui [1] sur la capitale et les provinces environnantes [2] huit mois après qu’il a été décrété au début des manifestations des Chemises rouges qui luttent pour la démocratie et contre la dictature. Le gouvernement mis en place par les auteurs du coup d’État n’a pu maintenir plus longtemps cet état d’exception alors que les derniers rassemblements ont été pacifiques [3]. Cette levée de l’état d’urgence n’est toutefois qu’une façade. Un geste destiné au médias internationaux et aux opinions publiques des pays occidentaux, soutien indéfectible de la junte au pouvoir.La loi antidémocratique draconienne sur la sécurité intérieure peut être appliquée à tout moment par les autorités.
Depuis le mois de mai 2010, des militaires armés patrouillaient dans les lieux publics, ils pouvaient arrêter quiconque pour une durée de trente jours et sans mandat, et pouvaient interdire tout rassemblement de plus de cinq personnes.
L’état d’urgence ayant cessé, c’est la police qui doit jouer ce rôle. Ses pouvoirs sont plus réduits, en théorie, que ceux des militaires sous l’état d’urgence, mais ils restent considérables en vertu de la loi sur la sécurité intérieure, dont les dispositions sont applicables [4]. Cette loi autorise les autorités, au cas par cas, à interdire des rassemblements, mais elle un mandat judiciaire, délivré par les tribunaux à la botte du pouvoir, pour effectuer une arrestation.
Les généraux alliés des putschistes auraient aimé perpétuer l’État d’urgence jusqu’en 2011 au prétexte d’attaques contre la monarchie notamment sur le web. Le Premier ministre Abhisit Vejjajiva les a convaincu que pour redorer le blason du pays il était nécessaire de lever, en apparence, les mesures d’exception et améliorer ainsi très symboliquement l’image du pays.
