Ce qu’il faut rappeler aux lecteurs, c’est que, tandis que les Chemises rouges ont été impitoyablement écrasé par l’État thaïlandais, toutes les actions équivalentes de l’extrême droite du PAD et de leurs partisans chemises jaunes sont totalement impunies par l’État thaïlandais [2]. Le PAD et leurs partisans sont apparemment libres de commettre des actes de violence et d’intimidation en toute impunité. La question qu’on peut se poser est : les extrémistes violents du PAD agissent-ils pour le compte de puissants éléments au sein du régime thaïlandais ? Et, si oui, peut-on compter sur la protection des ressortissants thaïlandais par l’État thaïlandais, en vertu de la règle de droit, quand ils sont menacés par le PAD ? La seule réponse pour le moment, et les autorités britanniques semblent d’accord, c’est que non, ils ne peuvent pas compter sur cette protection.
" Je suis citoyenne de Thaïlande et j’ai obtenu une maîtrise de l’Université Thammasart, à Bangkok en Thaïlande, en 2006. Après mon diplôme, j’ai été employé comme chercheur par une ONG internationale. J’ai quitté la Thaïlande au début de 2009. J’avais reçu des menaces de mort sur mon téléphone mobile personnel. Mon mari a reçu des insultes par la poste à son bureau et d’autres menaces des partisans du coup d’État militaire de 2006. La situation politique en Thaïlande s’était détériorée depuis un certain temps et il y avait de sérieuses inquiétudes au sujet du manque de justice et de l’absence de primauté du droit. Les actes de violence politique commis par les Chemises jaunes du PAD avaient lieu presque chaque jour et les lois répressives ont été utilisées pour faire taire les critiques du gouvernement. J’ai laissé toutes mes affaires chez moi, à Bangkok et je suis partie avec seulement une petite valise. J’ai dû démissionner de mon poste et laisser mes amis et ma famille derrière moi. Je n’ai jamais vécu dans un autre pays que la Thaïlande auparavant.
J’ai demandé l’asile politique au Royaume-Uni car si je retournait en Thaïlande, je serais en danger de persécution, aussi bien par des organisations non étatiques que par l’État en raison de mes propres activités politiques ainsi qu’à une association étroite avec mon mari. Depuis l’an 2000 nous avions écrit des livres et des article ensemble et avions collaboré à un certain nombre de projets pour les droits de l’homme. Aucun de nous n’a jamais été impliqués dans des actes violents. Nous nous sommes simplement impliqués en faveur de la démocratie et des droits de l’homme ainsi que contre le coup d’Etat militaire de 2006 et la destruction de la démocratie qui s’en est suivie.
Les acteurs non étatiques dont je parle sont les partisans du PAD fasciste qui ont saisis le palais du gouvernement et provoqués la chute de ce dernier, ont utilisé la violence et des armes devant le Parlement et ont pris le contrôle des deux aéroports internationaux en 2008. En tant que militante d’une ONG, je connaissais personnellement de nombreux partisans du PAD et ils me connaissaient assez bien pour me faire des menaces de mort sur mon téléphone portable et m’insulter au visage quand je travaillais pour l’ONG.
Au téléphone, ces gens ont dit des choses comme : « Regarde ... tu vas bientôt disparaître »... « Tu vas prendre une balle ».... « Regarde autour de toi lorsque tu te déplaces, tu vas disparaître ». J’ai essayé d’ignorer ces menaces à l’époque, afin de maintenir en moi un certain niveau de santé mentale. Les sites du PAD, comme le site web ASTV avait l’habitude de publier des détails sur les gens et d’encourager des violences envers les activistes Chemises rouges pro-démocratie. La persécution par des acteurs non étatiques ainsi que par l’État comprend, des agressions physiques et des assassinats, mais aussi des comportements dégradants.
J’ai dû montrer aux autorités britanniques que j’étais en danger de persécution par des acteurs non étatiques ainsi que par l’État en raison de la totale décomposition de l’État de droit et l’augmentation de la violence politique en Thaïlande depuis le coup d’État de 2006. La violence politique depuis 2006 a été perpétrées principalement par l’État thaïlandais, mais aussi par des partisans du PAD. Cela comprenait des soldats tirant sur des manifestants non armés, des tentatives d’assassinat contre des militants et la pose de bombes. Le nombre de prisonniers politiques a également été en croissance rapide. J’ai dû prouver qu’il y avait une grave détérioration des droits de l’homme et de la primauté du droit en Thaïlande qui se traduisait par ma persécution et par l’absence de protection suffisante de l’État thaïlandais à mon égard. J’ai été en mesure de démontrer que le gouvernement actuel se composait de membres du PAD et était soutenu par l’armée. D’éminents universitaires britanniques et activistes des droits de l’homme ont écrit des lettres d’appui pour soutenir ma demande de statut de réfugié. J’ai également cité de nombreux rapports sur les droits de l’homme internationaux et des articles de journaux faisant autorité.
J’ai maintenant le statut de réfugié et le droit de rester en Grande-Bretagne pendant cinq ans. Je suis actuellement étudiante en anglais."
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