Cette enquête est censée faire la lumière sur le business des prostituées thaïlandaises, notamment dans les bars de nuit, véritables repères pour les touristes. Des établissements qui sont de plus en plus ouverts, sur place, par des Français [1]. Laxisme de la police Thaïlandaise, conditions de recrutement des prostituées, Sida... Enquête exclusive s’intéressera aux coulisses de ce fléau qui fait de la Thaïlande l’un des pays les plus prisés pour son commerce du sexe.
La Thaïlande est aujourd’hui l’un des pays au monde qui compte le plus de prostituées, un million de femmes y travailleraient dans le commerce du sexe, notamment dans les bars de nuits. Cet univers très secret [2] a longtemps été aux mains des seuls thaïlandais [3], mais depuis quelques années de jeunes français ouvrent leurs propres établissements.
En France, leurs activités relèveraient du proxénétisme, en Thaïlande, la loi n’est pas plus souple [4] mais les autorités corrompues moins regardantes. Quelles sont les règles de ce business très particulier ? Jusqu’où les Français vont-ils pour recruter ces jeunes femmes ? Pourquoi certains parents n’hésitent-ils pas à pousser leurs adolescentes dans cet univers interlope ?
Les jeunes entraîneuses thaïlandaises rêvent d’un destin à la « pretty woman » : épouser un étranger qui les sortirait de la misère. Quelques unes y parviennent, mais à quel prix ?
Pour les prostituées, le sida reste une réalité meurtrière. Dans certaines villes, une fille de bar sur deux est porteuse du virus. Mises au ban de la société, l’un de leur seul refuge est un temple bouddhiste ou elles pourront s’éteindre dans la dignité. Un lieu étonnant, ouvert aux touristes et aux écoliers.

- Prostituée
- Offerte avec la corbeille de fruits ?
Mais M6 fera-t-il le lien avec la dictature militaire, la répression sanglante menée par le Boucher de Bangkok [5] On peut en douter !
La prostitution est devenue un secteur d’investissement comme un autre.
La mondialisation capitaliste implique aujourd’hui une « marchandisation » inégalée des êtres humains dans l’histoire. Depuis trente ans, le changement le plus dramatique du commerce sexuel a été son industrialisation, sa banalisation et sa diffusion massive à l’échelle mondiale. Cette industrialisation, qui est à la fois légale et illégale et qui rapporte des milliards de USD, a créé un marché d’échanges sexuels, où des millions de femmes et d’enfants ont été transformés en marchandises à caractère sexuel. Ce marché a été généré par le déploiement massif de la prostitution, par le développement sans précédent de l’industrie touristique, par l’essor et la normalisation de la pornographie, ainsi que par les besoins de l’accumulation du capital.
Cette industrie est désormais une puissance économique incontournable. La prostitution fait partie désormais de la stratégie de développement de certains États. Sous l’obligation de rembourser la dette, de nombreux États du tiers-monde [6]ont été encouragés par les organisations internationales, comme le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale - qui ont offert à ces occasions des prêts importants - à développer leurs industries du tourisme et de divertissement. Dans chacun des cas, l’essor de ces secteurs a permis l’envolée de l’industrie du commerce sexuel.

- Déchéance de l’être humain
- Sadisme, pédophilie... il y en a pour tous les gouts.
L’industrie du commerce sexuel est de plus en plus considérée comme une industrie du divertissement, et la prostitution comme un travail légitime. L’industrialisation de la prostitution s’accompagne d’une libéralisation. Depuis les années quatre-vingt-dix, les organisations internationales ont adopté des positions qui, malgré un discours dénonçant les pires effets de cette mondialisation des marchés du sexe, tendent à la libéralisation de la prostitution et des marchés sexuels. En quelque sorte, ce que défend l’Organisation mondiale du commerce (OMC) en faveur de la mondialisation néo-libérale est actuellement relayé par divers organismes européens et internationaux, dont l’ONU, dans le domaine de l’exploitation sexuelle des femmes et des enfants. L’officialisation institutionnelle (la légalisation) des marchés du sexe renforce les activités de l’organisation proxénète et du crime organisé.
L’industrialisation actuelle dévaste de façon massive des femmes et des enfants. Ils sont gérés comme des bêtes à plaisir, des machines à sous, et organisés pour que leur rendement sexuel soit maximal. Leur commerce embrigade des populations colossales et génère de fastueux bénéfices recyclés dans l’économie mondiale dont la France est un gros bénéficiaire.
Thaïlande : la vraie vie des filles de bar [1/4]
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