Près de 400 000 électeurs sont appelés aux urnes ce dimanche 25 juillet 2010. Au total, six candidats sont en lice, mais le scrutin risque de se jouer entre les deux principaux partis du royaume : d’un côté le Parti démocrate au pouvoir soutenu par la junte militaire, représenté par Panich Vikitsreth, un ancien vice-ministre des Affaires étrangères ; de l’autre, le Puea Thaï, le parti qui a soutenu les manifestations pour la démocratie et contre la dictature ces derniers mois.
Ce dernier a choisi de présenter Korkaew Pikulthong, l’un des dirigeants héroïques des Chemises rouges . Un choix audacieux, puisque l’homme est emprisonné depuis la fin des manifestations, poursuivi pour de prétendus actes de terrorisme. Ses demandes de liberté sous caution ont toutes été rejetées par les tribunaux à la solde des généraux. Il a donc dû se résoudre à faire campagne derrière les barreaux, par l’intermédiaire de lettres et de vidéos relayées par ses partisans. L’utilisation d’un robot lui a même été refusée [1].
Le scrutin ne concerne un seul siège de député, dans un quartier de Bangkok normalement acquis aux démocrates. Mais il est considéré comme un bon indicateur des soutiens reçus par les deux camps. Un avant-goût des élections nationales qui devraient se tenir l’année prochaine. La forte mobilisation des Chemises rouges au cours de cette campagne, malgré l’État d’urgence, la censure et la répression, a montré que le mouvement était loin d’être enterré comme le voudrait les généraux putschistes.
