Le « Réseau Patriote thaïlandais » (TPN) , dirigé Veera Somkwamkid, tout en précisant qu’il se distancie des « chemises rouges », a indiqué qu’il allait lui aussi manifester samedi, mais devant le Palais du Gouvernement, pour demander la révocation de l’accord passé avec le Cambodge pour la gestion de ce vieux temple.
Chauvins et xénophobes, les Siamois, mais pas toujours sans raisons. Les autorités s’inquiètent, rappellent aux Chemises jaunes de la PAD et aux nationalistes que l’état d’urgence, qui interdit tout rassemblement public, est toujours en vigueur à Bangkok et ailleurs.
Le Premier ministre de la junte qu’ils ont installé au pouvoir, Abhisit Vejjajiva averti que de telles manifestations « n’auront que pour effet que de compliquer beaucoup les choses ». L’armée et la police sont sur les dents. En effet, Panithan Wattanayagorn, porte-parole du gouvernement des putschistes, a indiqué « avoir reçu des informations des services de renseignements faisant état de possible attaques à la voiture piégée dans des zones centrales et importantes de Bangkok », comme le quartier urbain sino-thaï des pierres précieuses de Silom ou celui urbain aussi de l’or de Yaowarat.
Comme si cela ne suffisait pas pour inquiéter le touriste lambda, le chef du Bureau de l’immigration, le Lieutenant-Général de police Wuthi Liptapallop, a fait savoir que ses services allaient engager une campagne nationale radicale le mois prochain pour localiser tous les étrangers entrés en Thaïlande. On ignore le plus souvent que dans ce pays, les directions d’hôtels, d’immeubles voir de simples guesthouses, ont l’obligation légale de déclarer au Bureau de l’immigration local, dans les 24 heures, tout étranger qui séjourne dans leurs bâtiments. S’ils négligent de le faire, ils s’exposent à une amende pouvant aller jusqu’à 10′000 bahts, l’équivalent d’un bon salaire mensuel en Thaïlande. « Nous obtenons actuellement des informations sur la localisation de 60% des étrangers entrés dans le pays, mais ce chiffre va passer à 70%, au moins, très prochainement », a précisé le lieutenant-colonel Wuthi en concluant « Nous devons et voulons savoir où se trouvent exactement tous les étrangers ». A vrai dire, cette action est plutôt dirigée contres les quelques 1′000 malfrats étrangers recherchés qui ont trouvé un refuge – apparemment provisoire – en Thaïlande. En soit cette opération sera donc une bonne chose, les étrangers en situations régulières n’ayant en principe rien à en craindre.
À noter toutefois que les honnêtes et légaux retraités occidentaux en Thaïlande doivent déjà se déclarer tous les trois mois à la police de l’immigration, comme des délinquants libérés sur parole sous contrôle judiciaire.
Un peu à la masse, ce Pays du Sourire...

