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Abhisit et son parti devant la Cour constitutionnelle

lundi 18 octobre 2010, par Rédaction (Date de rédaction antérieure : 18 octobre 2010).


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Le Premier ministre Abhisit mis en place par les auteurs du coup d’État de 2006 a témoigné ce lundi 18 octobre 2010 devant la Cour constitutionnelle sur une accusation d’utilisation frauduleuse de fonds électoraux par sa formation politique, le Parti démocrate. S’il est jugé coupable [1], le parti sera dissous.
Le véritable enjeu du jugement, qui interviendra le mois prochain, est de savoir si le Premier ministre Abhisit pourra ou non conserver son poste grâce à un tribunal acquis aux putschiste de 2006.
Le Parti démocrate est accusé d’avoir utilisé de manière frauduleuse des fonds alloués par la Commission électorale pour frais de publicité [2].

Le cas s’est encore envenimé ces derniers jours quand un clip vidéo a fait surface sur l’internet : il montre un représentant du Parti démocrate en train de discuter de l’affaire avec un employé de la Cour constitutionnelle. Les démocrates disent qu’il s’agit d’un montage, mais l’image du parti est affectée.

Si le parti est dissous, ce n’est pas une catastrophe car il est facile de recréer un mouvement politique avec les mêmes dirigeants. En revanche, si le comité directeur du parti est interdit d’activités politiques, Abhisit devra quitter son poste de Premier ministre [3]. Les démocrates devront alors trouver un autre chef de file pour diriger le pays et ils sont nombreux les godillots des généraux à vouloir aller à la soupe.

Notes

[1] Il faut bien se rappeler qu’en Thaïlande il y a deux poids et deux mesures suivant que vous êtes ou non à la botte des généraux putschistes ou non

[2] La Commission électorale thaïlandaise a décidé le 12 avril 2010, de recommander la dissolution du Parti Démocrate actuellement au pouvoir en Thaïlande, pour avoir reçu une donation illégale de 258 millions de THB et pour une utilisation inappropriée d’un fonds de développement politique de 29 millions de THB. La Cour constitutionnelle a accepté d’examiner cette recommandation le 28 avril 2010, repoussé en octobre 2010.
Il aura fallu six fois plus de temps pour que cette affaire vienne devant la Cour, que pour le parti d’opposition TRT et le Parti du Pouvoir du Peuple
L’affaire remonte à 2005. Le parti démocrate est accusé d’avoir reçu 258 millions de THB (plus de 6 millions EUR) d’un géant de l’industrie du ciment. Une somme largement supérieure au maximum autorisé par la loi sur les Partis politiques. Il aura fallu attendre plus de cinq ans pour que la cour ait à se prononcer !
La Cour constitutionnelle s’est, en effet, prononcé dès le 2 décembre 2008 sur des irrégularités commises par certains cadres du PPP lors des élections législatives de fin décembre 2007 remportées haut la main par cette formation, soit moins d’un an après les faits. Selon la Constitution adoptée en août 2007, sous l’impulsion d’une junte militaire, l’ensemble d’un parti peut être dissous en Thaïlande si un seul de ses responsables est reconnu coupable de fraude électorale.

[3] en décembre 2008, au total, 109 dirigeants de trois partis d’opposition condamnés ont été exclus le 3 décembre 2010 de la scène politique thaïlandaise. Le leader du Parti du pouvoir du peuple et les cadres du mouvement visés par cette condamnation doivent être interdits d’activités politiques pendant cinq ans.

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